Nos vacances au Sichuan

Vous trouverez sur cette page l’ensemble de nos articles concernant notre voyage de deux semaines à travers le Sichuan. Et en prime, pour ceux que ça peut intéresser, vous pouvez télécharger notre feuille de route et notre budget, ainsi que la très très belle carte ci-dessous (on ne se moque pas, je ne peux faire faire de carte Google depuis la Chine).

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Samedi 28 janvier : Vol, bus et Baoguo

Après un réveil bien matinal, nous voila à l’aéroport de Shenzhen pour y attendre notre vol vers Chengdu, dans le Sichuan. Il ne me semble pas avoir mentionné ici que l’aéroport de Shenzhen est superbe, une immense œuvre d’art en alvéoles blanches. Donc en poireautant Mathieu a pu s’amuser avec son nouveau joujou, le Canon EOS 6D.

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Après un vol sans encombre, nous atterrissons sous une épaisse couche de nuages et de smog, la pollution ayant atteint des niveaux dantesques à Chengdu ces jours-ci… Nous rejoignons nos amis Brieuc et Sandra (des français rencontrés à Shenzhen) qui étaient arrivés la veille, puis fuyons immédiatement la ville. Nous avions prévu de nous rendre à l’Ouest, vers Kangding et Danba, des lieux moins prisés des touristes chinois, afin d’éviter la foule créée par les vacances du nouvel an, mais malheureusement les bus qui s’y rendent ne reprennent que dans quelques jours. Nous modifions donc notre parcours pour commencer par Emei Shan, une montagne sacrée à 2h de Chengdu.

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Nous allons visiter le temple de Baoguo, bondé mais sympathique, et demandons s’ils peuvent nous héberger pour la nuit (tous les temples d’Émei Shan proposent un hébergement). Tout étant complet à cause du nouvel an, nous nous rabattons sur un hôtel dans la ville de Baoguo, puis allons dîner dans la charmante street-food à proximité.

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Les photos.

Dimanche 29 janvier : Emei Shan

Nous nous levons pour rejoindre notre bus à 5h du matin. Deux heures plus tard, il nous dépose à Leidongping, un parking à 2430m d’altitude, situé à proximité du sommet d’Emei Shan. Avec une armée de touristes chinois, nous attaquons de nuit la monté au sommet, pour tenter de voir le lever de soleil de là-bas. Malheureusement, un jour grisâtre se lève une demi-heure plus tard, alors qu’il nous reste 2h d’ascension ! Bon, au moins ça nous permet de mieux voir les marches complètement verglacées.

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Après cette rude montée, nous arrivons enfin au sommet vers 9h30, et admirons la superbe statue de Bouddha en or du temple Jinding, à 3077m. Le ciel est bas et légèrement brumeux mais nous pouvons tout de même apprécier la vue vertigineuse, lorsque soudain, le soleil perce et illumine la statue qui brille de milles feux, le sommet couvert de givre et de drapeaux de prières. Au loin, on distingue même quelques sommets massifs et enneigés.

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Nous entamons ensuite la longue descente qui nous ramènera au village de Baoguo, au pied de la montagne (à 500m d’altitude, soit environ 2500m de dénivelé et 40 000 ou 60 000 marches selon les sources ! Autant dire qu’il vaut mieux les descendre que les monter!). La première partie, qui nous ramène à Leidongping, est encore plus désagréable qu’à l’aller, car la foule est encore plus nombreuse maintenant, et les marches verglacées sont plus gênantes en descente.

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Une fois passé ce cap et après avoir regardé des singes de la montagne se faire nourrir par les touristes (noix, parfois avec le sachet, saucisses emballées dans du plastique, et même paquets de cigarettes!), nous arrivons sur une partie bien moins fréquentée puisqu’elle n’est pas accessible en bus. Tout de même, les échoppes y sont régulièrement espacées, et nous déjeunons de nouilles dans l’une d’elles. Inutile de préparer des piques-niques ou même d’apporter des bouteilles d’eau lorsque vous randonnez en Chine, il y aura toujours quelqu’un qui vendra ce qu’il vous faut, même dans les sommets les plus durs d’accès ! Il y a sûrement une boutique qui propose des nouilles et des pattes de poulet au sommet de l’Everest.

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La descente est raide et encore plus verglacée, c’est assez épuisant, surtout que les paysages ne sont pas grandioses. Nous finissons par nous arrêter vers 16h dans le minuscule de monastère de Huaying Ding, à 1900 m d’altitude, dont la grande cour intérieure ensoleillée avec une vue sur le sommet nous séduit (et il y avait un chat!). On prend une bonne tasse de thé vert au soleil, sommes appelés pour le dîner vers 17h, et finalement allons nous coucher peu après la nuit tombée, vers 20h ! On a quand même bravé le froid pour aller voir le ciel étoilé, une chose que nous avions oublié depuis que nous habitons à Shenzhen. Les chambres ne sont pas chauffées , mais heureusement les lits sont équipés d’une couverture chauffante, c’est très agréable !

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Je conclus par un petit haiku de mon cru :

Une tasse de thé vertDans la court du temple, au soleil,Un chat au yeux verts.

Les photos.

Lundi 30 janvier : Emei Shan et Leshan :

Après un petit déjeuner au gruau de riz, nous voilà repartit dans nos escaliers infernaux. Heureusement, il n’y a plus de verglas à cette altitude, mais la descente mets tout de même nos genoux à rude épreuve (après ça j’aurais boité tout le reste des vacances). On croise quelques courageux qui montent, souvent dans des tenues tout à fait inadéquates (pantoufles, chaussures à talons… sur lesquelles ils ont parfois fixés des crampons !). On fini par arriver au temple de Wannian, qui est vraiment très joli (je commençais à trouver que tous les temples se ressemblent, mai celui-là se démarque nettement).

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Après une dernière descente, nous rejoignons le bus qui nous ramène à Baoguo (le chemin étant coupé), récupérons nos gros sacs laissés à l’hôtel, et après un déjeuner rapide nous prenons le bus pour nous rendre à la ville voisine de Leshan. Elle est célèbre parce qu’elle abrite le Grand Bouddha de Leshan, l’un des plus du monde. D’ailleurs petite parenthèse, ici tout les bouddhas sont les plus quelque chose : plus grand bouddha assis, allongé, de pierre, doré, etc. Et c’est la même chose pour les sites touristiques chinois, ils sont tous dans le top 10 du plus beau site naturel, du plus beau site bouddhique, du plus beau site historique, des destinations les plus visités…

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Revenons-en à nos bouddhas, celui-là fait tout de même 71m, 28 de large, ses gros orteils font 8,5m et ses oreilles 7m ( les grands lobes sont signes de bonne fortune ici). Il a été sculpté à flanc de falaise, au dessus du confluent tumultueux de deux rivières, il y a 1200 ans. C’est un moine bouddhiste qui a eu cette idée en 703, espérant que le bouddha calmerait les rivières. Et en effet, les roches taillées ont comblé les trous d’eaux meurtriers, protégeant ainsi les bateliers. J’ai l’impression que le moine était un fin ingénieur et avait bien calculé son coup !

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Avant de prendre le bus, nous avions croisés par le plus grand des hasard une nos de amies couchsurfeuse de Shenzhen, qui revenait de Leshan justement, et elle nous avait prévenu que le site était bondé : 3h de queue pour entrer dans le parc, et 3 autres heures pour descendre du haut en bas du bouddha. N’ayant ni le temps ni la patience de faire 6h de queue, nous décidons de prendre un bateau (15 min de queue) et de voir le bouddha depuis la rivière ( 10 min de trajet et 10 de séance photos). Hop, en moins d’une heure c’est plié, le bouddha express !

Le soir, nous allons dîner dans une rue proche de notre hôtel, et découvrons un plat typique de la région. Il me semble qu’on vous a déjà parler sur ce blog des délicieuses fondues chinoises, déclinées en de nombreuses variantes régionales, et qui consiste à faire cuire toutes sortes d’ingrédients dans de délicieux bouillons. Ici, c’est un peu différent de ce qu’on voit d’habitude : au lieu de commander sur un menu, nous nous levons pour aller choisir dans des frigos des brochettes sur lesquelles sont disposées différentes viandes et légumes. On pensait payer à ce moment nos brochettes, mais on nous fait signe de nous asseoir à notre table, et on commence à faire cuire tout ça dans un bouillon bien relevé (le Sichuan est connu pour sa cuisine très épicée, à base de piments rouges et de poivre du Sichuan, au goût si particulier, qui engourdit légèrement la bouche). C’est excellent, et nous nous resservons plusieurs fois généreusement. Les baguettes des brochettes s’entassent dans un seau au pied de la table, mais même après un copieux repas nous n’arrivons même pas à la chevilles de nos voisins en terme de quantités. A la fin, nous demandons la note, et une serveuse va, non pas compter nos brochettes comme on s’y attendait, mais les peser, et calcule ainsi combien nous lui devons : 70 ¥ , soit environ 10 , pour 4 personnes ! Imbattable !

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Nous nous promenons ensuite un peu le long de la rivière, dont les abord sont illuminés et où de nombreuses personnes font éclater pétards et feux d’artifices pour fêter le nouvel an (le bruit effraie le monstre Nian, une terrible créature qui obligeait les villageois à passer une nuit blanche, au risque de se faire emporter par la bête).

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Les photos.

Mardi 31 janvier : Kanding

Ce matin nous prenons un bus longue distance pour nous rendre à Kangding, à l’ouest du Sichuan. On arrive en fin d’après midi dans une auberge de style tibétain plutôt mignonne, où nous rencontrons immédiatement un couple de québécois qui visitent l’Asie (vous pouvez jeter un œil à leur blog ici).

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On repart visiter le temple voisin puis on monte le long d’une des montagnes qui entoure la ville pour arriver à un autre temple sympa aussi.

La monté se fait ns une belle forêt de pins décorée de drapeaux de prières, ça m’a inspirée :

Le vent dans les pins
Les drapeaux de prières dansent
Le bruit du silence.

On commence à sentir le changement de style, même si nous ne sommes pas dans la région même du Tibet, ici la plupart des gens sont tibétains, et ça se voit dans l’architecture, les vêtements, les visages…

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En redescendant nous allons sur la place principale pour y voir danser les locaux, voyons la montagne s’illuminer d’un firmament de lumières, allons avaler un bol de nouilles et de délicieux momos, les raviolis tibétains, plus briochés que leurs équivalent chinois. Nous cherchons un bar pour prendre une bière, le premier ouvert a une ambiance boîte de nuit mais est complétement vide. Le prix des bières nous semble exorbitant jusqu’à ce que l’on comprenne que c’est le prix de la douzaine. Comme nous n’en voulons que 4, le patron insiste pour nous les offrir, bien que nous ne consommions rien d’autre ! Ma foi, ça tombe bien, « gratuite » est ma marque de bière préférée !

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Les photos.

Mercredi 1 février : Kangding et Tagong

Ce matin nous finissons notre visite de Kangding par un tour au temple Nanwu, d’une taille impressionnante. Sur place, un petit chiot trop mignon tremble de froid ; je le prend dans mes bras le temps de faire le tour.

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Mon précieux !

Nous nous rendons ensuite à la station de bus (en route on voit des femmes répéter un spectacle de danse), où nous trouvons sans peine un van pour nous amener à Danba (il n’y a pas de bus à cette période). À peine parti, on s’arrête chez le chauffeur, et sa femme monte avec nous, alors qu’il n’y avait que 6 places (nous quatre et les québecois). On croit comprendre qu’elle descend au prochain village, donc on se tasse. La route est splendide et en bon état, et nous passons un col à plus de 4000m couvert de papier de prières qui s’envolent à la moindre bourrasque, et où les cochons dorment dans les drapeaux de prière.

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Tout les petits points dans le ciel sont des prières…

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Le chauffeur est impressionné par la barbe de Mathieu, lui qui n’a « que trois poils au menton ! ». Soudain, nous quittons la grande route pour nous engager sur un chemin de terre défoncé. Va-t-on déposer sa femme ? Au bout d’une demi-heure de chaos (très désagréable à 4 sur la banquette arrière), on commence à râler, jusqu’à ce que l’on comprenne que c’est bel et bien la route pour Danba ! Bon par contre sa femme est restée tout le long, le voyage de 3h est donc assez inconfortable, et on n’a pas pu trop profiter des superbes paysages.

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Enfin arrivés, nous nous installons au Khampa Café, le seul ouvert en cette période de fête, et qui a une terrasse ensoleillée avec une belle vue sur le temple de Danba. Malheureusement, les tuyaux sont gelés et il n’y a pas d’eau courante (pas de douche, même froide !). Et comme souvent, la maison n’est pas chauffée ni isolée, il y fait donc un froid glacial. Heureusement qu’il y a des couvertures électriques !

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Après un copieux déjeuner de momos, nous suivons les conseils de notre hôte et faisons une petite balade autour du village, accompagnés par le chien de l’auberge, sans forcer, car il nous faut nous habituer à l’altitude (3700m!). C’est déjà très joli, on a hâte de voir ce que nous réserve le lendemain. Au repas (autour d’un poêle, enfin de la chaleur), deux autres personnes arrivent (en stop), un français et un suédois (le pauvre, coincé avec 7 francophones !).

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Les photos.

Jeudi 2 février : Tagong

Après une petite nuit (mal de tête du à l’altitude), nous partons nous balader dans les grandes plaines qui entourent Tagong, pour nous rendre au couvent de Heping Fahui. C’est splendide, les prairies dorées sont émaillées de yaks et de chevaux, dominées par un impressionnant massif enneigé. Le chien nous suit tout du long et taquine les yaks, mais se fait chasser du monastère et rentre tout seul. Personnellement, je ressens pas mal les effets de l’altitude, et arrive assez fatiguée au monastère. Il n’est remarquable que par sa taille et la présence d’un cerf dans son enclos. On se rend au village voisin pour y déjeuner (on a eu du mal à trouver un resto ouvert!), puis rentrons par un autre chemin.

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Les photos

Vendredi 3 février : Tagong

J’ai encore plus mal dormi cette nuit là, et me lève avec la nausée. Comme je ne tarde pas à rendre mon thé, nous décidons d’abréger un peu notre séjour à Tagong, et de repartir vers des altitudes plus supportables en soirée (où il fera aussi moins froid et nous pourrons nous laver, finalement c’est pas plus mal).

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En attendant, le patron du Khampa Café nous amène à Xinduqiao, où nous visitons sa brasserie artisanale qui devrait ouvrir bientôt. Nous nous rendons ensuite à un spectacle de danse traditionnelle, où nous pouvons admirer les splendides tenues des tibétains. La neige s’invite sur une partir du spectacle, qui s’en retrouve un peu écourté. De retour à Tagong, nous trouvons sans trop de mal un van qui nous amène à Danba. La route était superbe paraît-il, mais j’ai dormis tout le long, épuisée par le mal d’altitude. La prochaine fois, je prendrais des cachets !

Les photos

Samedi 4 février : Danba

Étant arrivés de nuit à l’auberge hier soir, nous découvrons ce matin la jolie bâtisse où nous logeons, la cours où l’on fume de la viande de porc et la vue. Le patron nous indique une balade de quelques heures qui nous offrira de belles vues sur le village de Jiaju (où nous avons dormi). Les maisons sont très belles, peintes de couleur vives, et leur architecture est singulière (un regroupement de plusieurs petits bâtiments de différents niveaux, et donc plein de petites terrasses de toit!). Entre elles, des terrasses dédiées au maraîchage. Le ciel est d’un bleu superbe, ça nous change de l’air pollué des villes, on s’en met pleins les poumons.

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La balade nous emmène successivement à de beaux stupas blancs, un temple minuscule et d’anciennes tours de guets qui domine la vallée. Le soir, nous passons près d’une maison où se donnent des festivités, et nous y croisent notre hôte, qui nous invite à y rester pour dîner, c’est bien sympa et délicieux !

Les photos

Dimanche 5 février : Danba

Aujourd’hui notre hôte nous propose de l’accompagner à un mariage tibétain dans le village voisin. Ravis, nous nous empressons d’accepter, et nous partons vers 10h. Arrivés sur place il nous dépose et repart pour aller cherche sa femme, nous laissant le soin de nous incruster tout seuls. C’est pas trop difficile en fait, tout le monde nous invite à entrer. On remonte donc une longue allée, bordée de chaque côté par les membres de la famille, en tenues traditionnelles, qui nous souhaite la bienvenue (Tashi Delek ! Tashi Delek!). Les mariés sont tout en haut, et à peine nous les dépassons, nous nous voyons offrir un verre de baijiu et des cigarettes. On a pu refuser les cigarettes, mais avons pris le baijiu par politesse. Heureusement, il était coupé !

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La mariée est encore moins photogénique que moi !

Nous sommes dans une grande cours remplie de tables et de chaises, puis explorons la maison, très jolie. À un endroit les gens font la queue pour, il semblerait, donner de l’argent (et quelqu’un inscrit sur un grand registre qui a donné combien). Vers 11h, on nous invite à passer à table. Les mets se succèdent et c’est délicieux (sur la photo il n’y a même pas la moitié des plats). Sur chaque table, il y a une bouteille d’orangina, une bouteille de vin chinois, une bouteille de baijiu (pas diluée) et un paquet de cigarettes. On n’y coupe pas : nos voisins de table nous servent en baijiu et trinquent avec nous. Pendant le repas, des gens viennent saluer les mariés et leur remette un foulard de soie blanche. Un DJ passablement éméché anime le tout, ça au moins c’est pareil que par chez nous !

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Nous sommes impressionnés par le monde ; nous estimons qu’il y a presque 200 personnes attablées. Une fois le repas terminé (vers 12h30), nous nous levons, et les hôtes s’activent pour tout nettoyer et remettre en place, pour le deuxième service ! En fait , dans la journée, 3 ou 4 services se sont succédés, tous bien remplis, on pense qu’ils ont nourris environ 800 personnes !

Pendant ce temps là, nous décidons de rester, car il parait qu’il y aura des danses plus tard. Nous nous promenons sur les terrasses de toits, et sommes accueillis très chaleureusement (il y a eu une séance photo hilarante). Partout il y a des tables avec des fruits, des biscuits, du baijiu et des cigarettes. Deux jeunes femmes qui parlent un peu anglais nous accompagnent et s’assurent que nous ne manquons de rien. De vrais pachas !

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Ce que ça donne de notre point de vue ! (photo: Sandra)

À un moment, nous entrons dans un salon décorés des portraits des leaders communistes où sont assis quelques hommes. Nous discutons un peu et bien sur trinquons au baijiu avec eux… On a bien rigolé en montrant en pointant la ressemblance entre Mathieu et Marx !

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Saurez-vous tous les nommer ? Et en chinois ?

Plus tard, nous trouvons un superbe chapeau oublié dans une salle vide et en profitons pour faire quelques photos !

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Enfin, les tables sont enlevées et les danses commencent. Ils chantent en même temps, et ila y a toujours les filles d’un côté, les garçons de l’autre, dans un grand cercle qui tourne lentement. Les hommes sont plus saouls et donc plus bruyants et enthousiastes ! On remet des foulards blancs aux danseurs. Nous profitons du spectacle tandis qu des personnes nous amène de l’eau et de quoi grignoter. En fin d’après-midi, nous rentrons jusqu’à notre auberge à pied.

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Les photos.

Lundi 6 février : Transports

Le lundi a été consacré à un long trajet pour se rendre de Danba à Ma’Erkang en bus, puis de Ma’Erkang à Songpan en taxi (sinon le bus suivant était le lendemain matin et nous aurions passé deux jours dans les transports). La première partie, sur une route cabossée, a suivi pendant 6h une très belle gorge, et la seconde partie (5h) est au contraire rapidement montée sur des hauts plateaux (comme ceux de Danba), une route vraiment superbe qui m’a inspiré ce haïku :

Collines brunes et fauves,
Sommets enneigés au loin,
Beau ruban d’asphalte.

Comme ça vous pouvez imaginer les lieux même si nous n’avons pas de photos à partager ! Nous arrivons à la nuit tombée dans le village fortifié de Songpan.

Mardi 7 février : Huanglong

Le lendemain matin, nous avons rendez-vous avec un chauffeur de taxi (arrangé par notre hôte Emma) qui nous amène à l’entrée de la vallée de Huanglong, via une très jolie route. Pour la première fois depuis le début des vacances, le temps est couvert, et en montant en altitude nous nous retrouvons enveloppé dans du brouillard givrant.

Tapis mordoré
Buissons grisonnant de givre
Sous la brume glacée

L’entrée du parc est à un prix réduit pendant l’hiver, et non ne tardons guère à comprendre pourquoi : la plupart des sources qui remplissent une multitude de vasques d’eau limpide en été sont gelées, laissant les vasques vides, ou la surface gelée. C’est joli quand même, et finalement plus nous montons en altitude plus on trouve de vasques remplies.

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La vallée elle-même est bien jolie avec quelques temples, et des arbres couvert de petits bourgeons gris trop mignons (oui, encore un haiku, après j’arrête promis !).

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On arrive enfin à une superbe palette de peintre au sommet où Mathieu s’en donne à cœur joie.

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Les photos.

Mercredi 8 février : Jiuzhaigou

Nous prenons le bus de 9h pour Jiuzhaigou et après deux heures d’une bien jolie route, nous arrivons au village de Pengfeng qui, à cette saison, tient de la ville fantôme : toutes les auberges de jeunesses sont fermées ainsi que la plupart de hôtel et des restaurants. On trouve quand même un hôtel qui nous offre un bon tarif basse saison. Quand on voit la quantité d’hôtels et de parking à bus, on imagine la foule qu’il doit y avoir en haute saison !

Après le déjeuner, nous nous rendons à l’entrée du parc, et achetons non sans mal des tickets d’entrées sans le ticket de bus : nous voulons juste nous promener dans la partie basse du parc aujourd’hui et donc ne pas payer le double du ticket (déjà hors de prix) pour le bus ! On s’en sort, et entrons dans le parc. Là, surprise, tous les chemins de randonnées, pourtant en très bon état, sont barrés… On marche donc le long de la route jusqu’à ce que nous arrivions à nous glisser sur le chemin de randonnée. La balade devient bien plus agréable lorsque nous ne sommes plus frôlé par des bus touristiques et nous retrouvons seuls !

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Nous atteignons au bout d’un moment les premiers replats où la rivière, d’une clarté incroyable, prend des couleurs surprenantes (apparemment due à certains minéraux dissous dans l’eau). Parfois bordée de roseaux, parfois en succession de lacs et de cascades, la rivière est magnifique sous tous les angles. Vous m’avez vu venir, allez hop un haiku !

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Une fois presque arrivés au niveau de la fourche qui sépare le parc en deux, nous décidons de rentrer, car la lumière n’est plus si bonne, et nous nous gardons ainsi l’exploration des deux branches pour demain. Comme j’ai assez mal au genoux et que nous avons un peu la flemme de rentrer à pied, nous tentons de resquiller et entrons dans un bus l’air de rien ; ils ne contrôlent même pas les billets, comme les chinois ne penseraient pas un instant faire le parc sans prendre le bus ! Ils n’ont pas pensé aux fourbes français 😉

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Les photos.

Jeudi 9 février : Jiuzhaigou

Nous retournons au parc de Jiuzhaigou ce matin pour faire la partie supérieure. Après avoir acheté nos tickets de bus cette fois-ci (et l’avoir regretté, car il n’y a aucun contrôle, même en bas du parc…), nous nous rendons en bus dans la branche ouest, au lac Long. Il est presque entièrement gelé, et se donne des petits air de lac canadien !

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On pensait revenir à pied jusqu’à la fourche, mais les chemins de randonnées sont fermés et ça ne nous enchante guère de marcher le long de la route, nous suivons donc docilement les touristes chinois et remontant dans le bus après 10 min de séance photos. On s’arrête un peu plus bas pour aller voir le lac des Cinq Couleurs, une petite perle cachée entre les arbres, puis redescendons à la fourche d’où nous prenons un bus pour aller explorer la branche de droite.

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Celui ne peut pas nous amener au bout de la route, fermée pendant l’hiver (ça commence à m’énerver gentiment, surtout qu’il n’a pas de neige alors je ne vois pas vraiment pourquoi ils ferment !), et nous dépose au lac du Cygne. Nous nous baladons pendant plusieurs heures le long d’une succession de lacs plus étincelants les uns que les autres, entrecoupés de cascades parfois gelées.

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Certains tronçons du chemin sont ouverts, et pour les autres nous nous y glissons quand même, profitant du répit qu’ils nous offrent de la foule. D’ailleurs, à un moment nous arrivons à une chemin dont l’entrée est bloquée par un garde et nous apprêtons à faire demi-tour, lorsqu’un touriste vient nous voir et nous dit « c’est vraiment très très beau par là-bas, vous devriez y aller… » tandis que le garde a le dos tourné (distrait par les amis de notre complice?) ; nous nous glissons donc sur le chemin !

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À partir de 15h, le parc commence à se vider, et des gardes nous exhortent à monter dans des bus. On obtempère sans trop comprendre, se demandant si il y a un incendie (c’est très sec à cette saison), avant de comprendre qu’ils veulent juste rabattre les gens vers la sortie avec que le parc ne ferme (dans 3h !). Du coup nous descendons du bus dès que nous le pouvons, remontons la partie que nous avons manqué, et refusons catégoriquement de monter dans les bus suivants, expliquant que nous préférons le faire à pied, ce qui génère un grande incompréhension ! C’est assez exaspérant et nous regrettons cette « disneysation » de la nature. Mais bon, les vues magnifiques nous consolent. Une fois arrivés à la fourche, nous redescendons en bus à l’entrée du parc.

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Les photos.

Vendredi 10 février : bus

Le vendredi, nous prenons le long bus qui nous ramène à Chengdu. Nous faisons connaissance avec un couple de français bien sympathiques partis pour un tour du monde, vous trouverez leur blog ici. Une fois arrivés à Chengdu dans une super auberge de jeunesse, nous partons manger une délicieuse (et pas chère) fondue sichuanaise ensemble (ce genre de restau, plus on est de fous mieux on mange).

Samedi 11 février : Sanxingdui

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Le lendemain, nous nous séparons, chacun voulant visiter des choses différentes à Chengdu. Vu que la météo n’est pas terrible, nous nous décidons pour le musée de Sanxingdui, à une heure de bus de Chengdu. Il abrite une collection archéologique considérée par certains comme plus importante que les soldats de terre cuite de Xi’an, parce que les artefacts retrouvés ont permis de reconstituer un maillon manquant de l’histoire de Chine, le Royame de Shu, considéré comme le berceau de la civilisation chinoise.

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Le musée est agréable, composé de plusieurs bâtiments répartis dans un joli parc.Nous découvrons des arbres en bronze d’une incroyable délicatesse, destinés à orner les sépultures afin que l’âme du défunt puisse monter au ciel, c’était vraiment unique et superbe (mais on a pas de photos, désolée).

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Le clou de la visite est la collection de masques, dont certains sont d’une taille impressionnante (80 cm de haut il me semble). Leurs yeux sont étonnants, globuleux, et parfois leurs pupilles jaillissent de leurs prunelles, on dirait le loup de Tex Avery ! Malheureusement ça manquait un peu d’explication en anglais à mon goût, mais c’était une visite intéressante tout de même.

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Les photos.

Dimanche 12 février : Les pandas de Chengdu

Certains diront que nous avons gardé le meilleur pour la fin : ce matin nous nous rendons au centre de recherche et d’élevage du panda géant de Chengdu, qui est la raison principale de visiter le Sichuan pour beaucoup de gens. Nous arrivons de bonne heure, car les pandas sont plus actifs le matin, lorsqu’ils sont nourris. Enfin, actifs, actifs… façon de parler !

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Le parc est grand et agréable, et on se balade entre les différents enclos où nous pouvons voir ces adorables patapoufs apprécier leur petit-déjeuner, vautrés sur le dos. Ils sont adorablement patauds, enfin je ne vous apprends rien, vous avez aussi vu les vidéos sur internet ! D’ailleurs 90 % d’entre elles sont prisent ici, le centre abritant la plus grosse population de pandas au monde, près de 300.

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Un mythe chinois populaire raconte qu’autrefois, les pandas étaient complètement blancs, mais, qu’un jour, quand la plus jeune de quatre sœurs mourut, les autres trempèrent les mains dans de la cendre en signe de deuil. En pleurant, ils se frottèrent les yeux pour essuyer leurs larmes, se consolèrent en entourant leurs bras autour d’eux et se bouchèrent les oreilles pour ne pas entendre les pleurs. Le mythe veut que ces taches de cendre soient restées sur leur fourrure.

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On au eu un beau numéro de pitre quand un panda a essayé de descendre d’un tronc d’arbre. Les jeunes pandas étaient aussi super mignons, même si la plupart dormaient encore !

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Il y a aussi d’adorables pandas roux (les fameux firefox), qui pouvaient circuler au milieu des gens dans certains enclos.

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Rapidement, la foule arrive, et malheureusement les gens sont assez intenables ; bien qu’il y ai partout des panneaux demandant de rester silencieux, ils parlent forts, et n’hésitent pas à crier pour réveiller les pandas qui dorment, ou à essayer d’attraper les paons qui se baladent dans le parcs. On a plaint ces pauvres animaux obligés de supporter ça tous les jours. Nous repartons en fin de matinée et nous rendons à l’aéroport pour y prendre notre vol de retour.

Les photos.

Élise

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