Nos grandes vacances en Chine

Après avoir vécu plus d’un an et demi à Shenzhen, nous rentrons en France, mais pas avant d’avoir visiter tout ce que nous voulions voir en Chine ! Nous partons donc pour un voyage de deux mois et demi à travers toute la Chine, d’avril à mi-juin.

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Tout d’abord mon père nous rejoint à Hong-Kong, et nous allons nous diriger ensemble vers le Yunnan, en passant par Shenzhen, Yangshuo, Longshen, Sanjiang, Chenliang, Zhaoxing,Conjiang, Ronjian, puis Kaili et Guiyang. Nous visiterons ensuite Kunming et les rizières de Yuanyang au Sud avant d’aller à Dali et Lijiang, et randonnerons quelques jours dans les Gorges du Saut du Tigre, avant d’arriver à Zhongdian d’où René repartira en France. C’est l’itinéraire en vert, qui durera du 30 mars au 23 avril.

Ensuite, nous allons visiter le sud du Sichuan (partie que nous n’avons pas encore fait lors de notre précédent voyage là-bas), et notamment Yading, puis  nous nous rendrons à Chongqing, où nous embarquerons pour une croisière de 3 jours le long du Yangtse, à travers les Trois Gorges, jusqu’au célèbre barrage du même nom. Nous irons ensuite passer quelques jours dans les Montagnes Jaunes, puis arriverons à Shanghai. C’est la partie en bleue, du 24 au 13 mai.

Les parents de Mathieu nous rejoignent alors et nous visiterons Shanghai, Suzhou, Pékin, les grottes de  Datong, la ville fortifiée de Pingyan et les soldats de terre cuite de Xi’an ensemble. C’est la partie en rose, du 13 au 28 mai.

Enfin, nous repartirons en direction de l’Ouest, vers les collines arc-en ciel de Zhangye, l’oasis de Dunhuang, Turpan, Urumqi et enfin Kashgar, d’où nous prendrons un vol pour Hong-Kong puis Lyon. C’est la partie en jaune, du 28 mai au 12 juin.

Vous pouvez télécharger notre feuille de route plus détaillée, ainsi qu’une carte de meilleure qualité, une estimation du budget et la liste de notre équipement. Si vous avez des bons conseils pour la route (attractions touristiques, hôtels, restau…) ou que vous voulez nous rejoindre sur un bout de trajet n’hésitez pas à nous contacter !

Nous ne prenons pas d’ordinateur avec nous, il n’y aura donc pas de publications pendant ce temps là, mais nous raconterons tout notre périple sur cette page pendant l’été, promis !

Élise

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Ça y est, nous voilà de retour en France (et en ligne) ! Tout s’est très bien passé, le voyage comme le trajet de retour en France. Nous sommes installés pendant quelque temps chez les parents de Mathieu et cherchons du travail (on profite aussi du beau temps et de la piscine hein !). On va donc avoir le temps de raconter un peu tout ce qui s’est passé pendant ce périple de trois mois. Accrochez-vos ceintures, parce que j’en ai des choses à dire ! Des mégalopoles surpeuplées aux campagnes sauvages, des montagnes de haute altitude aux plaines en dessous du niveau de la mer, de l’élégance discrète au kitsch et au mauvais goût, des forêts tropicales luxuriantes au désert aride et minéral, des gadgets high-tech aux traditions séculaires, le moins que l’on puisse dire, c’est que la Chine est un pays contrasté ! On s’est régalé à explorer quelques unes des nombreuses facettes de la Chine.

Vous pouvez consulter le tableau avec toutes les dépenses que l’on a faites au cours du voyage, ça peut servir pour ceux qui veulent planifier leur prochaines vacances. En gros nous avons dépensé comme prévu 300 ¥ (environ 50€) par jour et par personne, tout compris (bouffe, logement, transport, entrée des visites, boissons, etc), sachant que la moyenne a varié assez fortement selon les lieux. Voilà ce que ça donne par catégorie :

captureEn gros le transport coûte assez cher (surtout le vol de retour Kashgar – Shenzhen), mais surtout il ne faut pas négliger le prix des visites car tout est payant en Chine, et plutôt cher.

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Jeudi 30 mars : Dragon’s Back

Aujourd’hui je pars à Hong Kong pour aller y chercher mon père René, qui va passer les trois premières semaines de notre voyage avec nous. Les cartons sont presque finis,  les sacs aussi. Mathieu reste à Shenzhen pour ses deux derniers jours de travail et c’est lui qui se chargera de fermer les derniers cartons et de les amener à son travail,  d’où ils seront gracieusement expédiés en France dans l’un des conteneurs qu’ils envoient chaque semaine. Je vais à Hong Kong en fin de matinée afin de me donner le temps de faire la célèbre rando Dragon Back pendant que j’en ai l’occasion : Mathieu l’avait faite pendant son premier mois et nous n’y étions pas retournés depuis.

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Je pars donc là bas avec Martin, un ami,  et après 2h de trajet / passage de douane nous arrivons au pied de la rando. Une courte montée plus loin,  nous arrivons sur le dos du dragon et le paysage s’offre à nous des deux côtés de l’arrête. Malheureusement le temps est brumeux , voir bruineux,  on ne voit pas grand chose… c’est dommage,  la côte a l’air jolie. On marche le long de la colonne vertébrale du dragon sous la bruine (au moins on n’a pas eu trop chaud !) puis descendons à travers une jolie forêt jusqu’à la page de Big Wave Bay (la baie des grosses vagues). Comme son nom l’indique, il y a de belles vagues et les surfeurs sont au RDV ; nous les regardons s’amuser en buvant une bière locale,  la bien nommée “Big Wave Bay IPA”. On repart après avoir admiré des gravures potentiellement très anciennes (elles n’ont pas encore été datées) sur des rochers qui bordent la baie, et retrouvons la ville et ses immenses tours.

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Martin rentre à Shenzhen tandis que je vais à l’aéroport de Hong Kong retrouver René. J’arrive à 19h,  pile-poil quand il devait atterrir,  mais en consultant mes messages grâce au Wi-Fi je découvre qu’il a décollé très en retard de Pékin,  et il n’arrive finalement que 3h plus tard, vers 22h !  Nous nous rendons sans encombre à notre hôtel sur Kowloon,  et faisons quand même la petite promenade le long des berges,  même si à cette heure là Central n’est plus aussi bien éclairé. Mais bon la vue est tout de même sympathique, la bière fraîche et les retrouvailles agréables !

Les photos (by Papa)

Vendredi 31 mars : Hong-Kong

Le lendemain la météo n’est pas bien meilleure, et lorsque nous faisons la promenade sur la rive de Kowloon, nous ne pouvons pas apercevoir Victoria Peak, caché par les nuages. La vue sur Central est quand même jolie, et la traversée de la baie en ferry toujours aussi agréable. Nous tentons notre chance et prenons le funiculaire extrêmement raide qui grimpe à Victoria Peak. La vue est voilée, et si nous voyons bien Central, Kowloon est caché. Nous décidons d’attendre un peu pour voir si ça se lève en prenant un café, et c’est à ce moment- là qu’une belle averse commence à tomber, à notre grand dam ! Mais finalement lorsqu’elle s’arrête un expresso plus tard, la vue est dégagée et superbe.

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Nous redescendons alors vers Central et explorons ses petites ruelles et marchés qui zigzaguent entre d’immenses buildings. Nous déjeunons de dim-sum, la spécialité de Hong Kong, des bouchées cuites à la vapeur. Les averses se font malheureusement de plus en plus fréquentes. Nous allons ensuite visiter le marché des apothicaires à quelques stations de là, mais la pluie tombe maintenant sans discontinuer.

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Nous repartons donc pour Shenzhen, où la météo est plus clémente. Après avoir passé les douanes sans soucis, nous arrivons chez nous. Je suis contente de pouvoir faire découvrir à mon père la vue impressionnante que notre rooftop offre sur la ville ! Nous nous promenons ensuite dans le quartier, visitons le marché en bas de chez nous et allons prendre une bière au Evil Duck, la brasserie artisanale du coin. On rejoint ensuite Mathieu à notre restaurant habituel et faisons découvrir à René nos plats préférés, avant de rentrer prendre un digestif à la maison.

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Photos (de René)

Samedi 1 avril : Shenzhen

Ce matin le temps est superbe et nous allons nous promener au Lianhua Park, pas très loin de chez nous. Nous montons jusqu’à la statue de Deng Xiaoping, qui surplombe le centre des affaires de Futian. De nombreux groupes sont là pour lui rendre honneur à l’occasion du Tomb Sweeping Day (l’équivalent de la Toussaint, j’y reviendrai dans quelques articles). On descend ensuite jusqu’au marché aux mariages dont je vous ai déjà parlé, puis passons sous l’impressionnante voûte du Civic Center. Nous rentrons déjeuner à la maison, profitant du rooftop ensoleillé.

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L’après-midi, nous nous rendons à Huaqiangbei, le plus grand marché de l’électronique du monde, pour y trouver des cartes SD. Guidés par notre ami Borhan dans ce labyrinthe, nous trouvons notre bonheur à un prix défiant toute concurrence (heureusement que Borhan en a déjà acheté plusieurs, j’aurais cru à une arnaque sinon !).

Nous rentrons à l’appartement pour y attendre la proprio et rendre les clefs, mais elle est très en retard… Finalement c’est l’un de ses amis qui passe juste prendre la clef. On dit au revoir à la vue superbe et à notre cher rooftop, et partons pour la gare routière. On y retrouve Natalia, une amie à nous qui souhaite profiter du long week-end (le lundi est férié) pour nous accompagner à Yangshuo.

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Nous prenons place dans un bus couchette, à ma grande (et heureuse) surprise. Il faut dire qu’il y a au moins 10h de bus. Malheureusement, moins d’une heure plus tard,  le bus s’arrête, et le conducteur demande aux passagers à destination de Yangshuo de changer de bus, et cette fois-ci, ce sont des sièges, pas des couchettes. Le copilote a compté une bonne trentaine de fois les passagers,  c’était assez comique !  Nous sommes coincés dans des bouchons monstres, tout le monde voulant profiter du long week-end. On met 3h à sortir de Shenzhen, et apprenons que la police a interdit de circuler sur les autoroutes de 2 à 5h du matin pour des raison de sécurité… nous attendons donc 3h sur une aire d’autoroute, merci la police ! Heureusement nous arrivons à dormir un peu.

Les photos (René)

Dimanche 2 avril : Yangshuo

Nous arrivons vers 11h à Yangshuo, et marchons à travers une avenue laide et poussiéreuse jusqu’à notre hôtel, pour nous y délester de nos sacs. Le propriétaire parle bien anglais et nous conseille sur les activités à faire. Nous allons tout d’abord déjeuner à un restaurant non loin et goûter les spécialités locales : poisson à la bière et escargots. Nous louons ensuite des vélos juste à côté et nous mettons en route. Juste avant de sortir de la ville, nous avisons une terrasse sympathique et nous arrêtons boire un café bien mérité.

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Nous repartons ensuite le long d’une charmante piste cyclable, le long d’un petit cours d’eau qui sillonne entre les superbes pics karstiques qui font la fierté de la région. C’est très agréable, les touristes ne sont pas trop nombreux, le temps frais et ensoleillé. Nous finissons par rejoindre la foule au niveau d’un pont, et suivons un peu la route jusqu’à arriver au pied de la porte de la Lune, une fenêtre naturelle en forme de demi-lune, au sommet d’un des pics. Nous laissons les vélos en bas et commençons la rude montée. Nous ne rêvons que d’une bière fraîche ! Et, arrivés au sommet, des vendeuses nous en proposent ! Nous admirons donc la vue une canette à la main, puis rentrons en ville.

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Les photos,

Lundi 3 avril : Yangshuo

Ce matin nous nous rendons à la gare routière, à 5 min à pied de l’auberge , et prenons un bus pour Yangdi, au nord de Yangshuo. Nous comptons y embarquer pour une croisière en bateau-bambou le long de la rivière Li. Mais en arrivant à 10h30, on apprend que de 10h à midi la Li est réservée au gros bateaux de croisières. Il nous faut donc attendre midi pour acheter nos billets de bateau. On patiente en marchant le long de la berge et en dégustant un saucisson que René a ramené dans ses valises. Puis vers midi, comme de bien entendu, une foule abominable s’est installée à la billetterie. Mathieu et moi jouons des coudes une bonne demi-heure pour faire la queue sans se faire piétiner par une horde de petites vieilles hargneuses et bruyantes.

Les tickets enfin en poche, nous nous dirigeons vers les bateaux-bambous et montons rapidement à bord de l’un d’eux. Loin d’une croisière paisible, c’est une véritable flotte de bateaux à moteur qui descendent la Li désormais. Ça n’en reste pas moins agréable : la vue est superbe et nous slalomons paresseusement entre les bateaux. Je commençais à avoir une petite soif lorsque Natalia se penche vers moi et me dit «ça serait bien une petit bière là, non ? » . J’approuve, regrettant de ne pas avoir pensé à en acheter avant d’embarquer. Et là, surprise, Natalia sort des canettes bien fraîches de son sac ! René et elle étaient partis en chercher tandis que nous faisions la queue. La descente n’en est devenue que plus agréable.

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40 min plus tard, nous débarquons au niveau de Nine Horse Fresco Hill. Les autres touristes prennent des minibus pour aller à Xiping, mais nous choisissons de marcher à travers les champs de pamplemoussiers en fleurs. Avant d’arriver à Xiping, nous reconnaissons un paysage étrangement familier : c’est celui qui figure au dos du billet de 20 yuan ! Tout le monde a un billet à la main, la tentation de les attraper et de partir en courant est grande, mais nous y résistons et y allons même de notre petite photo.

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Nous arrivons ensuite à Xiping, que nous traversons pour commencer une petite randonnée jusqu’à un village de pêcheurs. On voit tout de suite que l’on sort des circuits touristiques, c’est mal indiqué, mais nous trouvons la voie, qui est d’ailleurs bien raide. Nous redescendons ensuite dans un superbe verger de pamplemoussiers en fleurs, au milieu des pics et avec une vue plongeante sur la Li, face au soleil qui descend vers l’horizon. Magnifique !

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Nous arrivons au village de pêcheurs, qui n’a rien de notable si ce n’est que Bill Clinton y a faut escale une fois. De là, nous hésitons sue le trajet à prendre pour le retour : bateau jusqu’à Xiping puis deux bus jusqu’à Yangshuo ? Ça semble dommage car Yangshuo est juste en aval de la rivière. Heureusement, on nous propose de nous amener directement à Yangshuo en bateau (c’était plus cher mais tellement plus simple). Nous embarquons au soleil couchant et apprécions une croisière très calme d’environ 1h, où nous croisons quelques pêcheurs. Les pics karstiques se détachent parfois sur le ciel étoilé, c’est autrement plus romantique qu’un bus bondé de touristes. Nous accostons à Yangshuo et profitons d’être de ce côté là de la ville pour aller visiter la célèbre West Street. On y retrouve la foule et un joli marché. On mange dans un délicieux restaurant végétarien où nous goûtons des pousses de fougères, puis rejoignons dans un bar quelques amis de Shenzhen qui passent aussi le week-end ici. Mais nous tardons pas à rentrer nous coucher après cette longue journée.

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Mardi 4 avril : Yangshuo

Nous disons au revoir à Natalia, qui va passer la journée tranquille à Yangshuo avant de rentrer à Shenzhen ce soir, tandis que nous nous dirigeons vers le village de Putao, d’où nous marchons le long de la route jusqu’à trouver un taxi pour nous mener à Shitoucheng. C’est un ancien village de garnison, aujourd’hui en ruines. C’est sympathique mais pas incroyable non plus, je blâme le Lonely Planet : on était censés trouver un départ pour une randonnée de quelques heures mais il n’y a aucune indication et les locaux ne voient pas non plus.

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Heureusement, notre chauffeur (qui nous a aussi guidés jusqu’au village) nous propose de nous amener à un point de vue qu’il dit superbe, Xianggong Shan. Nous hésitons un peu, notamment à cause du prix (60 ¥ rien que pour l’entrée, auquels il faut ajouter le taxi), mais nous finissons par tenter notre chance. Grand bien nous fasse ! Après une petite grimpette, nous arrivions à un point de vue fantastique sur la Li, et notamment sur le village où le bateau nous a déposé la veille, Nine Horses Fresco Hill. C’est sans aucun doute la plus belle vue de ces trois derniers jours, et elle n’est recommandée nulle part !

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Ce qui est aussi particulier, c’est que la campagne est remplie du son des pétards : c’est en effet aujourd’hui Qing Ming Jie, le festival du nettoyage des tombes, l’équivalent de la Toussaint chez nous. Les gens se rendent donc en famille sur le tombeau familial (parfois un milieu des champs, parfois dans de petits cimetières) et arrachent les mauvaises herbes qui y ont poussé (parfois avec la tondeuse à fil !), brûlent de l’encens et de la monnaie-papier, des faux billets de banques qui, lorsqu’ils sont brûlés sur la tombe du défunt, arrivent dans ses poches au royaume des morts. On peut aussi brûler toutes sortes d’objets en papiers dont on pense que le défunt aura usage : voitures, maisons, téléphones portables (en papier bien sûr) , etc. Et on fait péter les pétards bien évidemment, pour chasser les mauvais esprits (ou tout simplement parce que c’est fun, les pétards). Et je ne parle pas d’un petit pétard ou deux hein, faut que ces foutus esprits mal intentionnés fassent une crise cardiaque. C’est donc au son des pétarades assourdissantes et sans fin qui résonnent dans toute la vallée que nous admirons le paysage qui s’offre à nos yeux.

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Après nous en être mis plein les mirettes, nous redescendons et reprenons la route pour Yangshuo. Nous prenons alors un nouveau bus, cette fois ci pour Fuli, où nous traversons la rivière sur une barge et marchons le long de la rivière jusqu’à Yangshuo, à travers de beaux paysages puis dînons en ville et rentrons à l’hôtel.

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Mercredi 5 avril : Tiaotou

Aujourd’hui nous disons au revoir à Yangshuo et prenons un bus pour aller à Longsheng (sans avoir de correspondance à Guilin, la bonne nouvelle !), d’où nous prenons un autre bus qui nous dépose à Dazhai, au pied des rizières.

Nous achetons notre ticket d’entrée puis commençons une ascension de 40 min assez raide jusqu’au village de Tiaotou (avec les gros sacs sur le dos !). La météo n’est pas terrible, un peu de bruine mais ça va. On s’installe à l’auberge qui fait face à de belles terrasses, et après un déjeuné tardif (il est déjà 15h), nous faisons deux petites balades nous amenant à de beaux point de vue sur les rizières.

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En route nous voyons des femmes préparer du thé vert fraîchement cueilli et nous laissons inviter pour une dégustation de thé. Le thé vert est pas mal mais trop astringent à mon goût. Leur thé rouge (enfin thé noir comme on dit en français) est par contre délicieux, et après avoir dégusté 5 ou 6 infusions, mon père en prend un paquet. Nous passons une soirée tranquille à l’auberge ensuite.

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Jeudi 6 avril : Ping’An

Ce matin, après un petit déjeuner qui a mis du temps à être servi, nous partons faire la randonnée qui relie Tiaotou à Ping’An. Le temps est toujours un peu brumeux, mais une fois passé un col ça s’arrange et on voit même le soleil percer. Nous traversons plusieurs cimetières, fraîchement fleuris après le festival de QingMing, et plusieurs jolis villages, jusqu’à arriver à un point de vue époustouflant sur Ping’An.

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Les rizières sont superbes, partiellement en eau, et s’étendent à perte de vue. Nous accédons à plusieurs points de vue tous plus beaux les uns que les autres, avant de descendre déjeuner dans le village. Nous remontons vers le chemin d’où nous venons et, au moment de tourner définitivement le dos à cette superbe vue, Mathieu se rend compte qu’il a oublié son thermos en bas et retourne au village, nous laissant profiter encore un peu de la vue. Sur le chemin du retour, nous croisons une procession d’enterrement. Nous rentrons finalement à Tiaotou après 7 heures de marche.

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Vendredi 7 Avril : Chengyang

Nous redescendons de Tiaotou pour aller prendre un bus en direction de Longsheng, transferons pour Sanjiang puis enfin un dernier bus pour Chengyang. C’est donc vers midi bien tassé que nous arrivons dans le joli petit village Miao de Chengyang, en traversant son superbe pont de la pluie et du vent, un remarquable ouvrage en bois construit sans le moindre clou.

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Après avoir cherché en vain une auberge recommandée par le Lonely Planet, nous finissons par choisir un hôtel avec une vue superbe sur un autre pont. Notre chambre est au troisième étage et devant se trouve une large et confortable terrasse. Nous en profitons plus tard, tout d’abord nous partons à la découverte des villages alentour.

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Il y a plusieurs ponts miao, tous très jolis, ainsi que des tours du tambour magnifiques. Ces dômes abritent en fait une espèce de salle commune pour les villageois, où ils peuvent se réunir pour discuter et prendre des décisions. Aujourd’hui, la plupart sont occupées par des petits vieux qui font la sieste ou regardent la télé. Les femmes portent parfois de très belles tenues traditionnelles. Il y a beaucoup de jeunes en train de peindre dans les rues : peut-être que le village offre des cours de peinture chinoise classique réputés ? Le soir, nous regardons la nuit tomber depuis notre belle terrasse, puis dînons de plats traditionnel miao, notamment le canard à la sauce aigre (en fait c’était surtout très salé).

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Samedi 8 avril : Basha

Nous quittons Chengyang ce matin et retournons à Sanjiang, où nous espérons attraper un bus pour le célèbre village de Zhaoxing. Malheureusement, contrairement à ce que j’avais prévu, il n’y a pas (plus ?) de bus direct Sanjiang-Zhaoxing, il faut nécessairement passer par Congjiang (à 4h de là) puis revenir sur nos pas pendant 2h en bus… Conjiang étant notre destination du lendemain, nous décidons de faire l’impasse sur Zhaoxing et d’aller droit à Congjiang.

Une fois arrivés à Congjiang après un looong trajet en bus sur une route en terre cahoteuse, nous trouvons un taxi pour nous amener à Basha, à quelques kilomètres de là. L’entrée est bien plus chère que ce que dit le Lonely Planet (80¥ au lieu de 12¥ !). Le village est sympa, surtout lorsqu’on sort des rues principales envahies de touristes.

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Il doit y avoir un bus de photographes, car les touristes se baladent tous avec du super matos et parfois même deux boîtiers autour du cou. Ils sont aussi extrêmement pénibles et nous prennent en photo même lorsque nous faisons clairement comprendre qu’on ne veut pas.

Nous entendons au loin de la musique et probablement un spectacle de danses traditionnelles mais le temps que nous arrivions, tout est fini ! Dommage, car ils jouaient du lusheng, un instrument traditionnel en bambou situé quelque part entre la flûte de pan et l’orgue, dont le son me plaît beaucoup. Au bout de deux heures, nous rentrons à Congjiang, ville qui n’a vraiment aucun intérêt (comprendre : aucun bistrot), et dormons dans un petit hôtel minable (mais propre).

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Dimanche 9 avril : Xijiang

Nous prenons de bonne heure un bus pour Kaili, et transférons vers midi pour le bus qui nous amène à Xijiang. La traversée du Guizhou se sera avérée plutôt douloureuse pour nos postérieurs, heureusement que les villages sont vraiment jolis ! Xijiang n’est pas vraiment un village par ailleurs, en Europe on appellerait ça un bourg : c’est bien trop grand pour un village.

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Le lusheng, un instrument traditionnel miao

Le bourg s’organise autour d’une rivière enjambée par de nombreux ponts miaos, et monte sur les deux rives le long de petites collines. Le bas du village est très touristique, mais le haut beaucoup moins, et tout aussi charmant. Après avoir posé nos affaires dans une auberge de jeunesse à mi-pente qui offre une belle vue, nous nous promenons au hasard des rues.

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Lundi 10 avril : Guiyang

Ce matin nous tentons une petite balade pour nous rendre à un village proche. Malheureusement, le chemin de randonnée s’est transformé en une route en construction, ce qui n’est pas très agréable, et une fois arrivé au col, on découvre que la vallée où nous comptions redescendre est complètement sous le brouillard… Nous repartons donc à l’auberge prendre nos sacs et nous nous mettons en route.

En sortant du parc, il y a un spectacle traditionnel. Quelques hommes jouent d’une mélodie simple et mélancolique sur leur lusheng (3 aiguës, deux graves), c’est très beau, ça me fait un peu penser à du EZ3kiel. Trois rangées de femmes en costumes traditionnels miaos dansent lentement sur ce rythme. Au milieu, un vieil homme avec un bouc accueille les nouveaux venus (bon et nous aussi) en leur faisant boire de l’alcool de riz. Après avoir été longuement hypnotisés par le spectacle, nous finissons par prendre notre bus pour Kaili, puis pour Guiyang.

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Nous y achetons nos billets de train de nuit pour Kunming, et comme nous avons quelques heures devant nous, nous posons nos sacs à la consigne et partons nous balader dans la ville, en direction d’un restaurant où l’on sert une spécialité miao : la soupe de poisson à la sauce aigre. Au début on ne sait pas trop comment ça fonctionne et évidemment le menu est tout en chinois. Une serveuse nous demande alors de la suivre et nous arrivons devant des aquariums où nous choisissons le poisson que nous voulons manger. Après avoir jeté notre dévolu sur une malheureuse carpe, nous retournons nous asseoir, et bientôt une marmite de soupe à la tomate où flottent les morceaux du poisson cru est déposée sur notre table, où se trouve une plaque de cuisson. Nous commandons alors les légumes que nous souhaitons ajouter dans le bouillon, comme pour un hotpot (ça, on connaît bien !). Nous mettons les aliments à cuire dans le bouillon et partons à la pêche lorsqu’ils sont cuits. C’est délicieux, le bouillon est excellent, le poisson aussi, et les aliments (salade, maïs doux, peau de tofu, champignons… ) prennent bien le goût de la sauce.

Une fois repus, nous retournons à la gare, récupérons nos sacs et prenons place dans notre train de nuit. Malheureusement l’hygiène n’est pas au rendez-vous vous: les draps ont déjà servis, les tables et le sol n’ont visiblement pas été lavés depuis le trajet précédant… À part ça, c’est plutôt confortable, et c’est mieux de se faire 10h de trajet de nuit que de jour !

Mardi 11 avril : la forêt de pierres

Nous arrivons vers 8h après une nuit pas trop inconfortable. Nous trouvons non sans mal un taxi pour notre hôtel (aucun ne voulait utiliser le compteur…), posons nos sacs et faisons un brin de toilette avant de repartir aussi sec (Mathieu ne nous a pas même laissé boire un café, ce monstre) en taxi direction la gare des bus de l’est (à 40 min en taxi !), puis dans un bus direction Shilin, littéralement la « forêt de pierre ».

On arrive là-bas vers 12h et marchons les deux kilomètres qui séparent l’entrée du site lui-même… (pas envie de payer encore un bus pour ça, ils nous font le coup à chaque fois !). Alors pour ceux qui connaissent les Tsingis de Madagascar, c’est très similaire : un plateau de calcaire qui a été érodé en pointes aiguës. La différence c’est qu’ici le plateau est plus vieux ou plus érodé, on marche directement entre les pics et non pas au dessus. C’est tout aussi magnifique !

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On se balade au hasard des chemins, le but étant d’éviter les sentiers touristiques : en dehors de ceux-ci, il n’y a personne : la règle chinoise des 80% des gens sur 20% du site est toujours respectée. À un moment, un flic nous empêche d’accéder à la route où circulent des minibus, nous avertissant qu’un convoi va passer sous peu. Et en effet, quelques minutes plus tard, une dizaine de minibus remplis de mecs en costard défilent. Peut être des gradés du Parti ou un ambassadeur en visite ?

Nous reprenons notre chemin pour repartons à Kunming. Une fois de retour à l’auberge, on s’offre une petite bière sur la terrasse bien sympathique. L’auberge est d’ailleurs très confortable. Nous dormons en dortoir mais chaque lit est équipé de casiers, de rideaux, d’une lampe et de prises, ils ont pensé à tout pour le confort ! Nous demandons conseil pour un restau pas loin, et nous nous mettons à table dans un délicieux restaurant servant de la cuisine du Yunnan : fèves grillées, salade de nouilles et un excellent canard rôti !

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Mercredi 12 avril : bus vers Yuanyang

Après une confortable nuit de sommeil, nous prenons un bon petit déjeuner sur la terrasse de l’auberge. Nous nous dirigeons ensuite vers la gare Sud des bus, après un long trajet en bus et métro. Nous prenons place vers midi dans un bus pour le long trajet (bis) qui nous amène à Xinjie, dans la région touristique de Yuanyang, connue pour ses rizières en terrasses. Sur la fin du trajet, sans grand intérêt jusque là, on commence à apercevoir de très belles rizières en terrasses, mais la nuit tombe et le brouillard monte. On arrive vers 20h à Xinjie et trouvons un minivan pour nous amener au village de Duoyishu, où le propriétaire de l’auberge vient nous chercher et nous guide à travers le dédale du village.

Jeudi 13 avril : Yuanyang

Ce matin, nous nous levons aux aurores pour voir le lever du soleil se refléter dans les rizières en terrasses de Duoyishu. Le rooftop de notre hôtel offre, paraît-il, une vue imprenable. Malheureusement pour nous, tout ce qu’on a vu, c’est un épais brouillard… Nous nos sommes donc recouchés quelques heures, espérant qu’il se dissipe après le lever du soleil. Mais vers 9h, même constat. Nous déjeunons de délicieux pancakes, et, sur les conseils de notre hôte, nous nous dirigeons à pied vers le “mushroom village“ un village traditionnel avec des maisons au toit de chaume, qu’on devrait quand même apercevoir malgré la purée de poix.

Le village est en effet sympathique, mène si on devine qu’il serait bien plus beau dans son écrin de rizières. D’un naturel optimiste, nous décidons de déjeuner dans le village afin de laisser le temps à l’éclaircie d’arriver. Mais non, le brouillard reste toujours aussi épais après le repas. La gérante nous conseille de tenter notre chance du côté de Baida, qui est un peu plus en altitude.

Nous rejoignons donc la route et prenons un minibus pour Baida. Arrivant au point de vue, on constate qu’en effet, nous sommes légèrement au-dessus du brouillard, mais celui ci nous bouche toujours la vue ! Nous retournons au parking, et, sur les conseils d’un groupe de touristes, nous cherchons à nous rendre à Laohuzui, qui était dégagé quand ils y étaient. Quelqu’un nous arrange un minibus rien que pour nous, mais le temps qu’il arrive, le soleil semble pointer le bout de son nez, et nous nous dépêchons de retourner au point de vue. Cette fois-ci, le brouillard est parti, et nous admirons enfin une vue superbe : des terrasses à pertes de vue, en grande partie inondées, avec des couleurs du vert tendre des jeunes pousses de riz attendant d’être repiquées au brun-rouge des algues flottant sur certaines rizières en passant par le gris perle des nuages qui se reflètent sur l’eau.

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La vue enfin dégagée depuis Baida

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Sur la rote pour Laohuzui

Après avoir profité de la vue, nous retournons sur le parking où nous attend notre chauffeur. Il nous arrête à de nombreux points de vue, tous plus beaux les uns que les autres, avant d’arriver à la plate-forme d’observation de Laohuzui. C’est sublime aussi, et nous descendons par des escaliers bien raides jusqu’à une plate-forme juste au dessus des terrasses, où nous comptons attendre le coucher de soleil. Ça tombe bien, j’ai du saucisson dans mon sac pour prendre l’apéro (mais personne n’a pris les bières, c’est fou ça faut s’occuper de tout soi-même !). Mais bien vite on se rend compte que le soleil va rester caché derrière les nuages et nous offrir un crépuscule grisâtre. Nous prenons donc le parti de rentrer de jour pour admirer la route et voir enfin les rizières qui sont juste devant notre auberge.

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Laohuzui

Cette fois-ci, nous avons des bières fraîches et regardons la nuit tomber depuis le rooftop, avant de partager le repas avec les autres voyageurs présents dans l’auberge.

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La vue depuis notre terrasse à Duoyishu

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Vendredi 14 avril : Yuanyang

Ce matin on se lève à nouveau à 6h du mat’ pour tenter de voir le lever de soleil. Il n’y a pas de brouillard mais le soleil reste voilé derrière une épaisse couche de nuages. La vue est tout de même magnifique.

Après un bon petit déjeuner, nous accompagnons notre hôte jusqu’au marché de Shengcun, à une heure à pied de là. Le marché est super, très animé, les femmes et les enfants portent leur magnifique tenue traditionnelle. Les portes des maisons sont souvent ornées d’un miroir et/ou d’une paire de ciseau pour éloigner les fantômes.

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Nous continuons un peu plus loin afin de voir un autre point de vue sur les rizières, Laoyin. Nous retournons ensuite à l’auberge en alternant minibus et balades à travers les rizières. Après un déjeuné composé de recettes locales (omelette au lichen et tofu trempé dans une sauce épicée, délicieux les deux), nous admirons une dernière fois les terrasses de Duoyishu avant de prendre la route pour Jianshui (via Xingjie).

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Nous arrivons 4h plus tard et trouvons immédiatement un touctouc qui nous dépose devant notre auberge de jeunesse (après nous avoir posé devant l’ancienne adresse et demandé un petit supplément). Celle-ci s’avère superbe, dans un bâtiment ancien mais pas vieillot, organisé autour d’une jolie cour intérieure. Nous nous installons dans des chambres confortables puis sortons dîner. Sur les conseils de la personne à l’accueil de l’auberge, nous entrons dans un superbe restaurant, meublé avec goût dans le pur style de Jianshui. Nous y goûtons une spécialité locale, un ragoût de poulet cuit dans des pots en terre cuite, ainsi que des racines de lotus fourrées au riz. C’est délicieux !

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Samedi 15 avril : Jianshui

Après être allé acheter nos billets de train pour ce soir, nous avons la journée entière pour explorer la vieille ville de Jianshui. Nous commençons par un marché, puis par le temple Confucius au centre d’un large parc, où des gens font de la musique traditionnelle.

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Nous cherchons ensuite un restaurant qui sert des nouilles-par-dessus-le-pont, une spécialité du Yunnan. Le restaurant est sympathique, organisé autour d’une cour. On commence par acheter un ticket puis nous le donnons aux cuisines pour qu’ils l’échangent contre notre plat. Malheureusement il y a eu une incompréhension quelque part et nous nous retrouvons avec 3 bols de jiaozis (les raviolis chinois) au lieu des nouilles. C’est pas mauvais quand même, et nous aurons sûrement d’autres occasions de goûter à ces fameuses nouilles !

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L’après midi, nous allons visiter le jardin de la famille Zhu, un ensemble de petites cours et de jolies bâtisses, remplies de bonsaïs magnifiques. Nous nous baladons encore un peu puis, après avoir récupéré nos sacs à l’auberge, nous nous rendons à la gare, où un train de nuit pour Dali nous attend.

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Dimanche 16 avril : Dali

Nous arrivons de bonne heure à Dali, ou, plus exactement, à Xiaguan, la nouvelle ville, à 20 km au sud. Nous prenons un bus pour la vieille ville de Dali et allons poser nos sacs à l’auberge. Après un café pour nous réveiller complètement, nous nous dirigeons vers les montagnes Cangshan qui bordent l’ouest de la ville. En route, nous passons par un festival qui prend la forme d’un immense marché, avec des stands qui nous ont parfois surpris, comme ceux où l’on vend serpents, scolopendres, fourmis, frelons et autres scorpions à but médicinal ! C’est bien la première fois qu’on a vu ça en Chine, et ici on a vu 3 ou 4 étals de ce style.

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Nous arrivons au pied du téléphérique qui monte au temple de Zhonghe. Le télésiège survole un cimetière à flanc de montagne encore bien fleuri. Une fois arrivés au temple, nous nous allons le long du chemin de Jade, une balade facile qui longe le flanc de la montagne. C’est agréable mais pas spectaculaire non plus. Parfois nous arrivons dans de profondes entailles creusées par des torrents, et là ça nous rappelle étrangement la balade de la canalisation des orangers à la Réunion : des montagnes à pics, au loin une plaine couverte de bâtiments, et plus loin, la mer (enfin dans notre cas présent le lac Erhai). Il y a quelques jolies cascades et piscines naturelles. Nous finissons par redescendre au niveau du temple Gantong, puis trouvons une voiture pour nous ramener à Dali.

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Nous passons la soirée à nous balader dans les veilles rues, très animées et touristiques. Il y a de nombreux bars plus sympathiques les uns que les autres, mais notre choix s’arrête sur une brasserie locale, Bad Monkey, pas mal du tout, avec une belle déco steampunk. Puis nous dînons juste à côté, au Good Panda (le nom serait il un clin d’œil au voisin ?) où nous testons les mets locaux : boeuf sauté, tranche de fromage de chèvre frit, et carpe à la mode Bai, délicieux.

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Lundi 17 avril : Shaxi

Un hôtel de Dali organise des bus directs pour la ville de Shaxi, à 120 km au nord d’ici. Le trajet s’effectue sous la pluie, et malgré nos espoirs il fait le même temps là bas. C’est donc sous une averse légère que nous déambulons dans les superbes ruelles de Shaxi en cherchant notre auberge. Mathieu finit par apercevoir une petite porte qui ne paie pas de mine avec un panneau Horsepen 46 dessus (le nom de l’auberge). Nous entrons, et découvrons à l’intérieur une superbe petite cour intérieure très cosy, où deux énormes chiens se laissent câliner (un mastiff tibétain et un Saint Bernard ! ).

Il pleut toujours et le ciel ne donnant pas de signe d’accalmie, nous renonçons donc à la rando que nous avions prévue dans le environ et nous contentons d’une petite balade dans les jolies ruelles du village. Je suis tombée amoureuse de Shaxi : c’est charmant, bien restauré, plein de cafés et d’auberges organisés autour de cours intérieures, une déco simple et de très bon goût, ambiance tranquille…

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De retour à l’auberge, nous avons passé l’après midi à boire du chocolat chaud ou du thé pu’er en lisant un bon bouquin, c’était très ressourçant. Le soir nous avons goûté à un délicieux hotpot au bœuf dans un restaurant proche.

Mardi 18 avril : Lijiang

Ce matin il ne pleut pas et nous profitons de la matinée pour visiter le village au sec. C’est bien joli et envahi d’étudiants en art. C’est à contre cœur que nous prenons un bus pour Jianchuan où nous devons attendre 2h notre correspondance pour Lijiang. En attendant nous cherchons un café où nous poser car la gare des bus est bruyante et enfumée. Nous entrons dans ce qui nous semble être un café, je demande 3 tasses et le mec nous ruefait signe de le suivre et commence à nous montrer nos chambres… Je clarifie la situation et explique que nous cherchons juste un café ou maison de thé pour patienter. Il nous propose de rester dans sa superbe cour et nous apporte du thé. Au moment de partir, il refuse catégoriquement de nous laisser payer ! C’était bien urbain de sa part.

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Nous arrivons ensuite à Lijiang , et passons un certain temps à trouver un hôtel : les auberges conseillées par le Lonely Planet sont soit complètes, soit fermées, soit trop chères. Nous entrons donc dans tous les charmants hôtels que nous voyons et demandons les prix, mais tout est très cher (180¥ la double). En discutant avec un des tenants, on lui dit qu’on cherche plutôt autour de 100 ¥ donc que s’il connaît un hôtel dans ces eaux là… Il nous court alors après et nous propose ses charmantes chambres à 100¥. Seul problème, il n’y a pas de machine à laver et nous en avons bien besoin ! Il demande à un pressing le prix mais c’est bien trop cher, nous irons donc demain à l’auberge de jeunesse pas très loin voir s’ils peuvent nous tirer d’affaire.

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Après un petit thé de boutons de roses offert par notre hôte, nous partons explorer les charmantes ruelles de la vieille ville de Lijiang. C’est immense, très joliment restauré et assez bondé. Nous dînons d’un roujiamo (pain farci chinois, un de nos plats préférés) et d’un baba (spécialité locale), avant de trouver un bar avec un grand choix de bières (ce n’est qu’en voyant la facture qu’on a regretté un peu ).

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Mercredi 19 avril : Lijiang

Ce matin, nous passons rapidement à l’auberge de jeunesse à côté pour faire notre lessive et demander des renseignements pour le lendemain. Nous partons ensuite nous promener au parc de l’étang du dragon noir, au nord de la ville. Il offre une vue spectaculaire sur un petit lac avec une belle pagode, avec en arrière plan la superbe montagne enneigée du Dragon de Jade, qui culmine à 5500m. Nous faisons le tour du lac et visitons à sa sortie un petit musée sur les Naxis (les autochtones), qui donne une bonne introduction à leur écriture fascinante : c’est en effet le seul langage hiéroglyphique encore en usage.

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Nous allons ensuite nous promener au hasard des rues dans la vieille ville, en essayant de viser le marché Zhongyi au Sud, bien sympathique aussi. Pas bien loin, nous découvrons le bassin du Cheval-dragon blanc, un puits avec trois bassins consécutifs : le premier pour l’eau potable, le second pour laver les légumes, et le troisième pour la lessive.

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Nous remontons ensuite tranquillement à l’auberge afin de récupérer notre linge, qui a gentiment été mis à sécher, à notre agréable surprise. Nous décidons de retourner au parc de l’étang du dragon noir, pour monter au Xiang Shan. Malheureusement quand nous arrivons à 5h la balade est fermée, on aurait dû la faire ce matin ! On se console en buvant une bière dans le parc en attendant le coucher du soleil, puis allons manger dans un délicieux hotpot avant de rentrer nous coucher de bonne heure.

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Jeudi 20 avril : Gorges du Saut du Tigre

Nous nous rendons de très bonne heure devant l’auberge de jeunesse Garden Inn afin de prendre un bus pour les célèbres Gorges du Saut du Tigre. Dans le bus nous rencontrons une française qui vient de terminer d’installer une expo sur les bijoux de la Maison Chaumet à la Cité Interdite et qui voyage un peu avant de rentrer (juste à la journée pour les gorges), et un charmant couple de français, Philippe et Laurence, en voyage pour quelques semaines et avec qui nous avons le même programme pour les prochains jours.

Une fois arrivés à Qiaotou, nous commençons la rude ascension qui nous amène au chemin qui surplombe les gorges. Bien que le temps soit nuageux, on distingue parfois le sommet enneigé de la montagne du Dragon de Jade, qui culmine à 4900 m, tandis que le Fleuve Long (le Yangzi) au fond de la gorge est à 1300 m. L’énorme dénivelé entre les deux est une immense falaise. Les photos ne rendent pas justice à l’immensité du paysage. Nous traversons un joli village au milieu de rizières en terrasses, puis continuons quelques heures jusqu’au village de Bendiwan (souvent indiqué comme Halfway Village, Village de la Mi-Chemin, bien qu’on ait fait plutôt les trois-quarts) où nous avons prévu de passer la nuit.

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Nous dégotons une super auberge, Halfway Inn, qui offre des chambres douillettes et des dortoirs avec une vue imprenable. La cour est très jolie mais ne fait pas le poids face à la grande terrasse avec vue sur la montagne du Dragon de Jade. Nous passons une soirée tranquille et espérons que le temps ne se détériorera pas demain comme annoncé.

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Vendredi 21 avril : Gorges du Saut du Tigre

Le temps est plutôt pas mal aujourd’hui, des nuages hauts passent et se déchirent sur les sommets, ce qui rend le paysage encore plus spectaculaire que la veille. Après un petit dej’ face à la vue, nous reprenons le chemin, plus vertigineux et spectaculaire que la veille.

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Nous redescendons au niveau de la route en fin de matinée et arrivons à Tina’s Guesthouse, où nous attendent nos gros sacs. Nous partons alors tout en bas des gorges via un petit chemin bien raide. C’est très encaissé et du bas nous ne pouvons pas distinguer les monts enneigés qui dominent 3000 m plus haut. Le Yangzi est furieux, bien que ce ne soit pas une période de crues, on a du mal à réaliser la violence des eaux à moins d’en être tout proche. Nous remontons à chez Tina via un chemin extrêmement raide dont une partie sur une échelle longue et bien droite qui n’inspire aucune confiance.

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Après cette remontée bien dure, nous déjeunons chez Tina, et après avoir mis nos bagages dans le bus que nous prendrons après, nous prenons un minibus pour aller voir un point de vue plus en amont du fleuve. C’est sympa aussi mais les gorges sont moins spectaculaires vues d’ici. Par contre le chemin est en tout neuf, en planches et escaliers, avec chaises à porteurs, nous retrouvons donc la masse touristique !

Nous retrouvons notre bus ensuite qui nous amène à Shangri-la. En fait je devrais dire Gyalthang, c’est le nom en tibétain de cette ville, ou Zhongdian pour le non chinois. Mais suite au succès du livre Horizon Perdu, écrit par James Hilton en 1933, et à la ressemblance entre les parages du livre et ceux de la vallée de Deqin (ou Diqin) où se trouve Gyalthang, les autorités chinoises ont renommé a ville lors d’une campagne touristique. Ce n’est pas la seule ville à revendiquer le titre, nous avons croisé une autre Shangri-la quelques jours plus tard, dans le Sichuan.

En tout cas, la route qui nous y mène est superbe et offre de belle vue sur la montagne de Haba, que nous avons longé par le sud le long de Gorges, et dont ne soupçonnions pas la hauteur ! Bien que nous soyons toujours dans la région du Yunnan, on a l’impression d’être arrivé en territoire tibétain : stupa, yak, gamins aux joues bien rouges, hommes plus grands et aux pommettes hautes et à la tignasse ébouriffée, tenues traditionnelles et maisons tibétaines…

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Une fois arrivés, nous prenons nos quartiers dans une charmante auberge de la vieille ville, avec vu sur le temple. La vieille ville est d’ailleurs bien reconstruite malgré le terrible incendie qui l’avait ravagé en 2014. En tout cas, nous commençons à prendre de l’altitude puisque Shangri-la est située à 3200m. Heureusement pour moi je ne souffre pas du mal d’altitude à cette hauteur, (et nous sommes montés progressivement, la randonnée des gorges étant déjà aux alentours de 2600m d’altitude) mais deux jours ici vont nous permettre de nous acclimater pour la suite du voyage. Après nous être installés, nous allons voir les locaux danser gracieusement sur la place du village, puis allons manger un hotpot tibétain (on enchaîne les hotpots, mais c’est tellement bon ! ). Il nous est apporté dans un plat particulier, en cuivre, avec une sorte de cheminée au milieu où sont déposées les braises. Autour mijote un délicieux bouillon où ont étés cuits des navets, des champignons et du yak (contrairement au hotpot chinois où on nous amène les aliments crus). Ça fait une sorte de pot-au-feu délicieux dans lequel nous allons à la pêche avec nos baguettes. La viande est tendre et grasse, délicieusement fondante. On se régale tellement qu’on demande une rallonge en viande et bouillon (et de la salade à faire cuire dans le jus, pour la ligne !), et finissons en buvant le bouillon. Après cela, une petite bière digestive s’impose, surtout que la brasserie locale est à 10 mètres de là, et propose une sélection savoureuse.

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Samedi 22 avril : Shangri-la

Ce matin nous marchons jusqu’au temple de Sumtseling, au nord de la ville. Enfin, plus exactement, nous essayons d’y aller à pied afin de ne pas payer le bus/droit d’entrée (couplé et plutôt cher, 120 ¥ !), comme indiqué dans le Lonely Planet (!). Mais on se fait rattraper par un garde qui s’assure que nous achetons nos tickets et montons dans le bus. On ne regrette pas le prix cependant lorsque nous arrivons en vue de ce superbe monastère, immense et entouré d’un petit village. La visite est magnifique, les murs ornés de peintures bouddhiques plus délicates et délirantes les unes que les autres. Les moines chantent des mantras (ou un truc comme ça) avec la superbe technique du chant de gorge, malheureusement j’ai pas trouvé de CD et on ne pouvait pas faire de photos, mais j’ai trouvé ça sur Youtube, ça donne une bonne idée de ce à quoi ça ressemblait.

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Nous repartons vers la vieille ville, et allons au temple Guishan qui domine la vieille ville, avec à ses côtés Zhuangjing Tong, un gigantesque moulin à prières, haut de 21m, contenant 100 000 petits moulins à prières. C’est une vraie épreuve que de le faire tourner, nous devons nous mettre à près d’une dizaine de personnes !

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Nous finissons la journée par la montée jusqu’au temple des 100 poulets (Baiji Si), sur une colline couverte de drapeaux de prières. Certains forment même un dôme si dense qu’on dirait une yourte. On fait ensuite un peu de shopping dans la vieille ville (mon père m’a offert un beau collier en perles et os de yak !) et admirons l’art tibétain, notamment les tangka, des peintures sacrées tibétaines, superbes. Nous dévorons de délicieux plats locaux et nous couchons.

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Dimanche 23 avril : Shangri-la

Nous avions prévu de prendre un téléphérique pour aller sur une montagne proche, mais le temps est couvert, on se rabat donc sur des sources d’eaux chaudes non loin, conseillées par le Lonely Planet. C’est un centre de cure thermale un peu vétuste, la piscine est verdâtre et trop grande donc à peine tiède. Il y a des hammams (un pour les filles, un pour les garçons), en fait de simples planches de bois dans une grotte sous lesquelles coule la source d’eau chaude. Chez les filles en tout cas c’est pas du tout assez chaud mais les garçons ont l’air d’apprécier ! Au bout de quelques heures à mijoter nous retournons en ville et passons le temps jusqu’à ce qu’il soit l’heure d’accompagner mon père à l’aéroport.

Nous passons ensuite la soirée à regarder les locaux danser (en fait il y a deux clans, deux places !) et à boire la délicieuse bière locale en pronostiquant le résultat du premier tour des élections présidentielles françaises.

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Lundi 24 avril : Route pour Daocheng

Ce matin nous partons pour le sud du Sichuan, en commençant par 10h de bus pour rejoindre Daocheng. C’est long et fatigant, surtout que la plus grande partie de la route est une simple piste en terre. Mais nous sommes distraits par des paysages magnifiques : un massif imposant dont les arrêtes acérées ressemblent à une énorme mâchoire, de petits villages entourés de terrasses d’orge, de superbes maisons tibétaines, des hauts plateaux dorés… Nous arrivons moulus à Daocheng et trouvons une auberge sans prétention pour y passer la nuit. Nous sommes à 3700 m, (comme à Tagong, lors de nos précédentes vacances dans le Sichuan), mais comme la montée a été plus progressive je ne ressens pas les effets de l’altitude , ouf !

Mardi 25 avril : Yading

Nous commençons par prendre un minibus jusqu’à Riwa, un village qui a aussi été renommé Shangri-la, ce qui nous a un peu perturbé au début (non merci on veut pas refaire 10h de bus pour retourner à Shangri-la, on a fait ça hier !), où nous achetons les billets d’entrée du parc ainsi que les billets de bus hors de prix (mais on a pas le choix, le départ des randos est à 40 km de là…). On se fait déposer au village de Yading, où nous trouvons un hôtel sobre et propre, avec de belles vues sur la vallée, puis reprenons le bus jusqu’au départ des randonnées (à encore une dizaine de bornes).

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Nous arrivons rapidement à un joli temple, puis continuons les escaliers (une grande structure métallique sert de chemin, on voit qu’ils préparent le lieu à devenir très touristique) jusqu’au lac Zhuoma-la, au pied du Mont Chengresing. Nous somme à 4080 m d’altitude (comme au village de Yading en fait), donc on s’essouffle un peu plus vite que d’habitude mais à part ça nous sommes en pleine forme. Nous faisons le tour du lac et de la petite vallée qui l’abrite, sortons un peu du chemin pour avoir une vue du dessus, puis revenons sur nos pas et rentrons au village : on ne veut pas trop forcer aujourd’hui car demain une grosse journée nous attend : le tour du Chengresing.

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Mercredi 26 avril : Tour du Chengresing

Ce matin nous partons de bonne heure (après un petit déjeuner bien nourrissant à base de gruau de riz) pour faire le tour du Chengresing, une montagne sacrée tibétaine. La boucle de 30 km, qui passe deux cols à 5000 m, est un chemin de pèlerinage bouddhique (kora). Nous retournons au point de départ des randonnées, et avançons le long d’une superbe vallée glacière. La plupart des touristes paient encore des voitures électriques pour traverser la vallée, mais nous ne regrettons pas d’être à pied : c’est superbe, facile, et nous sommes seuls, ce qui nous donne l’occasion de voir de nombreux écureuils et des oiseaux plus beaux les uns que les autres.

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Après un virage, la vue est à couper le souffle : sur notre droite d’immenses falaises qui cachent Chengresing (Compassion en tibétain), face à nous on distingue entre les nuages , le magnifique dôme de neige de Jampelyang (Sagesse), et à gauche étincellent les glaciers de Chana Dorje (Force). Ces trois montagnes sacrées du bouddhisme atteignent respectivement 5968 m, 5986 et 6006 m d’altitude !

Nous continuons dans la vallée jusqu’à rejoindre les autres touristes, puis entamons une montée assez raide jusqu’au lac de lait, à 4600m. Mathieu a l’air de plus souffrir de l’altitude que moi, personnellement je suis tout aussi essoufflée que d’habitude, pas vraiment plus. Nous montons ensuite jusqu’au joli lac des 5 couleurs, à 4700m, soit presque aussi haut que le Mont Blanc !

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Par contre le temps, à peine nuageux jusque là, commence à changer et une fine averse de neige commence à tomber. Nous hésitons sur la marche à suivre : redescendre par là d’où nous sommes venus, ou continuer le tour du Chengresing (nous serions à peu près à mi-chemin d’après la carte pas détaillée dont nous disposons). Nous optons pour la grande boucle en voyant qu’un groupe est déjà en train de passer le col. Nous montons donc en pente douce jusqu’au col, à 5000m, s’il vous plaît !

La vue est époustouflante des trois côtés du col, bien que les sommets soient masqués par les nuages. Nous descendons le long d’une vaste vallée, terminée par un verrou et d’une descente à pic.

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Il commence à faire bien froid et nous ne traînons pas, n’étant pas très bien équipés pour ces conditions ! D’ailleurs j’avais les mains gelées comme jamais, j’ai commencé à avoir peur d’y perdre des doigts ! Le chemin n’est plus cette immense structure métallique mais un simple sentier, facile à perdre de vue. Heureusement il y a plein d’indications pour le trail qui fera prochainement le tour de la montagne. En plus, nous suivons les traces de la caravane de mules que nous apercevons parfois au loin. Grand bien nous fasse, car le brouillard monte et bientôt nous ne voyons plus rien. La montée jusqu’au col suivant paraît interminable, essoufflés que nous sommes et battus par le vent et la neige, qui tombe dru, à gros flocons bien secs. Enfin, nous arrivons et passons sous des milliers de drapeaux de prières glacés qui claquent au vent. Nous rattrapons lentement la caravane de mules, en fait chargée des détritus qu’ils ont ramassés en chemin. Nous redescendons ensuite sans encombre à notre point de départ, après 9h de randonnée entre 3800 et 5000 m de haut.

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Jeudi 27 avril : Litang

Après avoir attendu 1h (« il arrive bientôt ») dans le froid et avoir piqué une crise au mec vaguement en charge des bus, un bus dans le sens des retours finit enfin par arriver. On retourne à Riwa où nous trouvons un minivan pour nous amener jusqu’à Litang (4100m) à travers des haut plateaux couverts de chaos rocheux et dominés par quelques monts enneigés. Nous sommes fréquemment ralentis par des troupeaux de yaks traversant la route. On a même vu à un moment une longue procession de pèlerins, guidés par trois moines jouant du gong et des cymbales.

Arrivés à Litang, nous mettons bien une demi-heure à trouver l’hôtel très mal indiqué par le Lonely Planet (en fait on était garés juste devant), et qui s’avère laid et défraîchi, merci le Lonely. Le resto qu’il recommande et où il y aurait un local plein de bons conseils pour les visites est fermé… D’ailleurs la ville est affreusement laide, bruyante et poussiéreuse, on se demande bien pourquoi le guide conseille d’y faire étape. Nous qui pensions y rester un ou deux jours, on décide de faire le tour de de qu’il y a à voir ce soir (il est déjà 4h) et de partir demain matin.

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Nous allons donc voir le monastère de Litang, en rénovation, puis passons devant la maison où est né le 7ème Dalaï-lama et nous nous perdons en tentant de trouver les sites des funérailles du ciel.

C’est une tradition tibétaine qui est en train d’être abandonnée : les morts sont simplement laissés en haut d’une colline, à la merci des éléments et des charognards. Je crois qu’ils sont même découpés en morceaux afin de faciliter la tâche aux charognards. Faute de pouvoir voir une cérémonie, nous allons sur les conseils du guide voir le lieu (non sans mal car les indications sont nulles). Bon, évidemment y a rien à voir, à part quelques pierres gravées et une quantité surprenante de couteaux et de haches (qui servent à découper le mort si j’ai bien compris), et plein de détritus. Je suis un peu mauvaise langue, il y a aussi une belle vue sur la vallée, qui est magnifique (la ville lui a poussé dessus comme une verrue !).

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Nous rentrons nous coucher après avoir mangé de délicieux momos, les baozis (brioches fourrées) tibétains.

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Vendredi 28 avril : bus vers Danba

Nous entamons aujourd’hui la route vers Chengdu à travers le Sichuan. Comme nous avons déjà visité la région en février dernier, le but est juste de traverser rapidement pour nous rendre à Chongqing. Le voyage s’est avéré encore plus pénible et long que prévu : tout d’abord, la route qui relie Litang à Kangding est coupée, du faut d’importantes chutes de neiges qui bloquent un col. Pas de souci, on va passer par Danba, un peu plus au nord, ça fait un petit détour mais au moins on avance. Le voyage dure 9h, qui me semblent absolument interminables parce que nous sommes dans un bus bondé de personnages répugnants : ça crache à tout va, trois personnes au moins vomissent (route de haute altitude et zig-zags), mon voisin mâche très bruyamment… Même les toilettes au bord des routes battent des records dans le glauque : il y a un corbeau décapité à l’entrée ! C’était vraiment le voyage de l’ignominie, heureusement contrasté par de belles vues des hauts plateaux sous la neige (on est repassé par Tagong , c’est fou de voir ça sous 30 cm de neige en avril alors qu’il n’y avait rien en février !). On arrive enfin à Danba, mais n’avons pas le temps de retourner dans le charmant village qui surplombe l’affreuse ville couloir. Nous trouvons tant bien que mal une agréable auberge de jeunesse et y passons la nuit.

Samedi 29 avril : Bus vers Chengdu

Ce matin on repart avec les mêmes individus direction Chengdu. Le cracheur en série st juste derrière nous, les écouteurs avec la musique à fond s’imposent… En plus, il pue atrocement du bec, et quand il ferme la bouche ça sent aussi les pieds… Les paysages varient plus, on passe notamment dans des vallées très profondes, couvertes de sapins, de neige et de yaks. On arrive enfin à Chengdu vers 14h, bien contents de se séparer de la compagnie.

On prend le métro jusqu’à la gare du Nord, et aprenons qu’il n’y a plus de tickets de train pour Chongqing aujourd’hui. Mais oui bien sûr, c’est le week-end du 1er mai, tous les Chinois sont sur la route ! Avec toutes ces péripéties nous avions oublié. Qu’à cela ne tienne, on achète des places pour le lendemain, un peu déçus quand même de ne pas pouvoir arriver à destination aujourd’hui.

On décide de prendre un taxi jusqu’à une auberge que nous connaissons et qui n’est pas très loin. Bien qu’il y ait de nombreux taxis, ils refusent de nous prendre ou demandent un prix exorbitant pour nous amener ! Au bout d’une dizaine de taxis on finit par trouver un mec qui accepte de mettre le compteur, et arrivons à l’auberge sympathique que nous connaissons. Le chauffeur décide de garder la monnaie bien qu’on lui demande de nous la rendre (30 ¥ au lieu de 24 ¥, heureusement qu’on n’a pas donné un billet de 100 !), on se dit que c’est décidément pas notre jour. Heureusement, il reste des places à l’auberge (en dortoir, mais au point où on en est, on est juste contents d’avoir des lits ! ). On passe la fin de l’après-midi à profiter du joli jardin en buvant un milkshake bien mérité.

Dimanche 30 avril : Chongqing

On repend un taxi pour la gare du Nord, qui ne nous a coûté que 10¥, ce qui nous fait soupçonner que celui d’hier avait un compteur trafiqué… décidément les taxis de cette ville sont des enflures. On arrive, contents de ne plus avoir affaire à cette engeance, et passons les contrôles passeports pour entrer dans la gare. Et là, on se fait refuser l’entrée ! En effet, notre train part de la gare Est, pas Nord… Je fulmine, la vendeuse aurait pu nous le préciser hier lorsque nous avons acheté les tickets à la gare du Nord (et qu’elle a bien vérifié avec nous toutes les infos). Par chance, Mathieu a été prévoyant et prévu d’arriver très tôt à la gare du Nord pour anticiper la foule. Nous nous battons encore avec les taxis pour qu’ils mettent le compteur, finissons par trouver, et d’ailleurs on est certains que le compteur était trafiqué aussi, mais je vois pas trop ce qu’on aurait pu faire.

Nous arrivons à temps à la bonne gare, nous nous fâchons avec une chinoise qui nous prend en photo dans la queue (oui, on est un peu irritables de bon matin après 3 jours de transports et de poisse !), montons dans le train, et comme nous n’avons pas nos places côte à côte (je suis dans le wagon suivant), je demande aux voisins de Mathieu s’ils ne veulent pas échanger de place. Ils sont complètement obtus aussi et ne comprennent pas ce que je veux. Je jette l’éponge et vais m’installer à ma place, rejointe bientôt par deux gosses turbulents, et tente de calmer mes envies de meurtre.

On arrive à Chongqing, avons du mal à trouver les bons bus/métro pour nous rendre en ville mais finissons pas y arriver, et évidemment c’est bondé. Trois transferts plus tard, on trouve au centre, et tournons pendant presque une heure pour trouver notre auberge, dans des rues bondées et une chaleur étouffante. On arrive enfin, épuisés, et découvrons que l’auberge a fermé ! On ne se décourage pas, on en trouve une autre, à une trentaine de minutes à pied de là (vu les bouchons le taxi semble inenvisageable), on se remet en route (et ça grimpe sec !). En route on se fait accoster par un petit jeune qui propose gentiment de nous guider et nous taper la discute en anglais, ça met un peu de baume au cœur. Il nous amène devant le centre commercial en escalier, sur 5 ou 6 étages, dans lequel doit se trouver notre auberge. On descend à travers le dédale et la foule, demandons plusieurs fois notre chemin, jusqu’à ce que nous comprenions que cette auberge est fermée aussi. S’ensuit un moment de désespoir sur un banc : on est fatigués, énervés, on a faim, et on commence à être à court de ressources !

Heureusement, j’envoie quelques requêtes couchsurfing et rapidement notre ange gardien Helen nous répond que nous pouvons dormir chez elle les trois prochaines nuits. Halleluja ! En attendant, on se trouve un café au calme pour passer l’aprem, on a la flemme de visiter quoi que ce soit dans cette chaleur avec nos gros sacs et une matinée aussi épuisante. On rejoint Helen vers 18h et allons à l’université voir des amis à elle, un groupe de Togolais adorables venus étudier le chinois ici. On mange ensemble un délicieux hotpot (la spécialité de Chongqing), avec tout à volonté pour seulement 40 ¥ (6€) par personne (en général c’est plutôt le double). La chance semble tourner à nouveau !

Lundi 1 mai : Chongqing

Après une grasse mat (ça faisait longtemps !), on est allé se balader au centre ville, dans le quartier de Jiefangbei. Avant toute chose, nous allons acheter nos billets pour notre croisière sur le Yangzi, départ prévu pour mercredi soir. Ça a été compliqué parce que la vendeuse n’arrêtait pas de me baratiner, alors qu’il fallait que je traduise un peu pour Mathieu et surtout qu’on réfléchisse aux différentes options qu’elle proposait, mais elle n’arrêtait pas de m’interrompre en me tapant sur le bras et en disant “hello, hello » pour attirer mon attention, puis de m’en rajouter une couche. Du coup on a fini par sortir pour aller déjeuner et réfléchir au calme ! On est revenu après le repas pour finaliser notre commande avec les idées claires, puis sommes partis nous balader au hasard des rues.

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On est impressionnés par la ville, très dense, avec un mélange de tours modernes et de quartiers vieillots où grouillent de minuscules boutiques. Ça fait très cyberpunk, on dirait un peu la ville du début du film « Le cinquième élément ». L’ambiance est agréable, très chinoise (à la différence de Hong Kong ou de Shanghai, européanisées) : nous n’avons croisé aucun autre étranger. On traverse un beau pont suspendu pour aller voir de plus près l’étonnant Grand Théâtre, puis repartons vers la pointe de la péninsule pour voir l’endroit où les eaux du Jianling se mêlent à celle du Yangzi, le Long Fleuve, berceau de la civilisation chinoise (celui des Gorges du Saut du Tigre).

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Un vaisseau alien ? Non non, le Grand Théatre

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Le Jianliang (vert) se jette dans le Yangzi (boueux)

Le soir, nous rejoignons Helen et d’autres amis à elle, ainsi que Muriel, une autre couchsurfeuse française qui loge chez Helen avec nous, pour aller manger un hotpot au poisson (c’est génial cette ville, on peut manger du hotpot tous les jours, midi et soir, été comme hiver !). Une fois le repas terminé, Helen nous propose une petite balade digestive, et elle nous amène sur l’un des ponts proches pour profiter de la vue sur Chongqing de nuit.

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Mardi 2 mai : Dazhu

Nous partons à la journée à Dazhu, à deux heures de là, pour aller y voir les célèbres grottes bouddhiques, bas reliefs et statues sculptés et peints dans la roche, inscrits au Patrimoine Mondial de l’Unesco. Nous choisissons de visiter uniquement le site de la colline du sommet précieux, le mieux conservé. Malheureusement le bouddha couché de 31 m de long qui fait la célébrité du site est en rénovation ( et ça on ne l’apprend que quand on arrive devant bien sûr).

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Par contre, la statue en or d’Avalokiteshvara et ses 1007 bras ont été rénovés et brillent de mille feux. Il y a aussi une ingénieuse statue de 9 dragons baignant le bouddha, qui utilise une source d’eau naturelle pour la faire jaillir de la gueule d’un des dragons. Les gravures sont plus ou moins en bon état (elles ont presque 1000 ans !), mais nous sommes impressionnés par leur quantité.

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Par contre la visite est un peu rapide, surtout par rapport au temps qu’il nous a fallu pour venir. On aurait pu en profiter pour voir d’autres grottes bouddhiques aux alentours mais le prix du ticket est rédhibitoire. On repart donc à Chongqing et allons nous promener dans le quartier de Xiahao, un vieux quartier à moitié abandonné en vue de sa future destruction. Le contraste avec les tours modernes qui l’entourent et le pont flambant neuf qui le surplombe est frappant ! Nous allons dîner au centre ville puis rentrons chez notre hôte.

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Mercredi 3 mai : Chongqing

Nous partons déposer nos sacs au lieu de travail de notre hôte avant d’aller nous promener dans le quartier de Ciqikou, un ancien village de pêcheur désormais intégré à la ville. Comme la plupart des villages anciens que nous avons vus jusque là, c’est un peu Disneyland : les bâtiments se donnent un faux air d’ancienneté, et les échoppes croulent de kitscheries à l’ancienne. On brunch tant bien que mal dans un café (presque aucun café ne servait à manger, on s’est contenté d’un qui faisait des gaufres).

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On va récupérer nos sacs, disons au revoir à Helen et partons au comptoir de notre croisière sur le Yangzi, deux heures en avance. On y pose nos sacs et allons faire quelques courses pour manger sans avoir à payer les repas plutôt chers servis à bord, et mangeons un bol de nouilles avant de revenir à 18h au comptoir, comme spécifié à l’achat du billet. On nous demande d’attendre, et 3/4h plus tard, face à mon impatience, on me dit qu’on embarquera à 19:30. Pourquoi nous avoir fait venir à 18h, je me le demande… Mais bref nous finissons par embarquer. Juste avant de monter, on nous propose d’être surclassés (une chambre avec un lit double et un salon plutôt que la chambre avec deux lits simples que nous avons réservée) moyennant 300¥ de plus. Au prix de la croisière qui plombe déjà bien notre budget (1000¥ par personne avec seulement la visite des Trois Petites gorges, merci le Lonely qui ne précise pas si les tarifs sont au lit ou à la chambre, ça a fait 2000¥ au lieu des 1000¥ escomptés… ), on refuse. Mais apparemment ils ne s’attendaient pas à notre refus puisque de toute façon c’était la seule chambre qui restait, on a donc été surclassés gratis !

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On prend possession de nos quartiers et profitons de la vue sur le centre de Chongqing de nuit depuis le fleuve avec une bière fraîche. Le bateau part à 21h, effectuant la première partie du voyage (pas très jolie) de nuit.

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Jeudi 4 mai : Croisière sur le Yangzi

Nous sommes réveillés par une douce musique chinoise à…. 6h du mat, suivie d’injonctions aux hauts parleurs (d’abord petit déjeuner à 6:30, puis visite à 8h, répétées 50 fois). Comme on n’a pas choisi cette visite en option (une ville devenue fantôme suite à la relocalisation des gens lors de la construction du barrage des Trois Gorges), ça nous fait une belle jambe. Mathieu se rendort mais pas moi 😦 On passe la matinée à quai, avec vue sur le bateau contre lequel nous sommes amarrés, cool ! Au moins on a un petit rayon de soleil, on est bien installés pour bouquiner, écrire le blog, laver quelques fringues…

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L’après midi, nous descendons paresseusement le long de collines vertes d’où dépasse parfois une pagode, notamment celle de Shibaozhai. Ça fait du bien un peu de détente et d’ennui ! Nous nous arrêtons à nouveau vers 23h pour la visite d’un temple, à laquelle nous n’avons pas souscrit non plus, on va donc se coucher après avoir admiré un pont bien illuminé.

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Vendredi 5 mai : Croisière sur le Yanzi

On est à nouveau réveillés à 6h par un peu de musique et les hurlements dans les haut parleurs, cette fois bien plus proches car nous passons la première gorge et la Gentille Animatrice hurle depuis le pont qui est contre notre chambre. On se lève pour découvrir la gorge de Qutang dans la lumière grise du matin. C’est pas mal, mais peut-être ai-je l’esprit trop embrumé pour réellement apprécier la vue.

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Nous accostons vers 9h à Wushan, d’où l’on peut prendre un autre bateau pour aller visiter les trois petites gorges. C’est la seule option touristique que nous avons choisi de faire, les autres nous semblant quelconques et trop chères. On descend donc, montons dans un autre bateau, nous faisons hurler dessus pendant les 20 premières minutes du voyage (deux personnes avec des haut parleurs et les haut parleurs du bateau volume à fond en même temps, j’ai pas tout compris et j’ai mal aux oreilles… ), nous arrivons à la première petite gorge, les gens se précipitent pour faire des selfies sur le pont au deuxième étage (il faut payer un supplément pour accéder au troisième !). On se trouve un coin pas mal sur le pont du premier. Je ne sais pas si c’est de la chance ou pas, mais il pleut : on est est peu mouillés mais la visibilité est quand même bonne, et les gens rentrent rapidement se mettre à l’abri dès qu’ils ont fait leur photo, nous laissant profiter de la vue tout seuls. On traverse une deuxième gorge, puis une troisième, encore plus spectaculaire. L’eau change graduellement de couleur, passant d’un vert bouteille à un émeraude opaque très joli. Je ne connais pas le dénivelé au dessus de nous mais certaines falaises sont vraiment impressionnantes.

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On arrive devant un autre affluent et nous montons dans une cohue monstre sur de petites barques à moteur (j’ai bien failli passer à l’eau parce que quelqu’un voulait monter avant moi sur la planche de bois pour accéder à la barque). Par contre, le toit est très bas et on ne voit presque pas ce qu’il y a dehors. Mieux encore, un Gentil Animateur monte et commence à mettre de l’ambiance à l’aide de son microphone (j’ai dû mettre des boules quies tellement c’était fort) : « comment ça va ? Je vous entend pas ! Allez je vais vous apprendre une chanson ! » Bref un supplice. La gorge avait l’air sublime mais on ne voyait rien sur les côtés (des bâches nous protégeaient de la pluie) et devant les gens s’agglutinaient pour faire des selfies, nous bouchant ainsi le peu de vue qu’il nous restait. Qu’à cela ne tienne, je me glisse aussi à l’avant pour profiter de la vue. Mais là le GA me demande de retourner m’asseoir parce que je gêne les autres qui ne peuvent pas se photographier (donc quand c’est les autres pas de souci mais moi je peux pas, OK…). Je retourne m’asseoir et attend avec impatience que le cauchemar s’achève. Dommage parce que la gorge était vraiment superbe (les 10 secondes où je l’ai vue).

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Pas terrible pour admirer la vue…

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On remonte dans le bateau et nous repartons vers la gorge de Wushan. Là c’est parfait, il ne pleut presque plus, et tout le monde est au rez de chaussée à écouter une nana vendre les produits de la boutique du bateau et à acheter, nous avons donc le pont et les vues pour nous tous seuls !

On remonte à bord de notre bateau et retrouvons le calme de notre cabine. On entame ensuite la seconde gorge, Wu, surmontée de pics acérés. Nouvel arrêt et descente pour ceux qui ont payé pour aller voir le pic de la déesse, des rochers qui auraient vaguement la forme de la déesse Guanyin. On reste au calme et profitions de la superbe vue que nous avons depuis notre cabine. Nous poursuivons ensuite la descente à travers des montagnes hautes et bien vertes.

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Le soir, on toque à notre porte, et la nana (la même qui a essayé de nous soutirer 300 ¥ mercredi soir) nous annonce qu’on arrive demain à 7h et qu’on doit prendre un bus jusqu’à Yichang, alors qu’on nous avait dit qu’on arrivait à 13h30 et personne n’avait évoqué de bus. On se prend un peu le bec quand on comprend que ça veut dire qu’on va passer la troisième gorge de nuit, mais bon, on ne nous laisse pas vraiment le choix !

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Samedi 6 mai : Wuhan

Troisième jour, réveillés à 5:30 par de la musique sirupeuse chinoise, autant dire que j’ai des envies de meurtre / d’aller mettre Suicide Silence « Wake Up » à fond dans le micro. On aperçoit le célèbre barrage des Trois Gorges en aval, qui est apparemment impressionnant par sa longueur, non par sa hauteur,  mais on saura jamais. Nous débarquons dans une confusion totale et retrouvant la nénette qui est censée gérer ce bordel (celle d’hier). Elle fait monter tout le monde dans des bus vers Daba, ce qu’on comprend trop tard être le nom en chinois du fameux barrage, et nous dit d’attendre pour aller à Yichang. On ne comprend pas pourquoi on ne fait pas comme tout le monde et on a la tête dans le cul. Elle essaye de nous vendre un trajet pour Yichang alors qu’elle nous a dit elle-même hier que c’était gratuit puisque inclus dans la croisière. On finit par monter avec elle dans une voiture qui fait taxi et nous dépose une heure plus tard à la gare d’Yichang. Du coup on n’aura pas vu le barrage (bon, pas de grand regret) et on a surtout l’impression de s’être fait avoir quelque part,  mais on sait pas où exactement. Donc globalement on a été assez déçus par cette croisière sur le Yangzi, que nous attendions pourtant avec impatience (et qui nous aura coûté bien cher).

Bref, nous prenons nos tickets pour la ville de Wuhan, notre prochaine étape. On arrive à Wuhan vers 13h et prenons le métro pour rejoindre notre auberge. Mais le cauchemar recommence : l’auberge est abandonnée… trois fois d’afilée ça commence à devenir très pénible ! Heureusement on nous indique qu’il y a une autre auberge non loin. Après avoir joué à chaud/froid avec les locaux (tu chauffes, tu brûles, ah non tu refroidis !) nous finissons par la dégoter, au 16ème étage d’une tour. On s’installe, et le temps étant pluvieux et brumeux, nous faisons l’impasse sur la visite du Bund de Wuhan, apparemment le seul truc. intéressant du coin, et après être allé acheter nos billets de bus pour le lendemain, partons plutôt boire des bières dans un sympathique bar que des amis nous on recommandé.

Dimanche 7 mai : bus vers Tunxi

Nous passons la journée dans un bus-couchette en direction de Tunxi, aussi appelée Huangshan Shi (ville des Montagnes Jaunes) car c’est la grande ville la plus proche. Nous prévoyons d’y rester la semaine afin d’attendre le bon créneau météo pour monter dans le célèbre massif, et d’explorer les alentours de la ville. On arrive en soirée dans une auberge de jeunesse sympathique, en plein centre ville touristique, c’est agréable. L’auberge est bien aménagée avec pleins d’espaces communs (bar, terrasses, sales de billard et ping pong…). Dommage que l’accueil soit un peu froid et de mauvais conseil, comme on s’en rendra compte plus tard.

Lundi 8 mai : HongCun et Xidi

La météo est un peu incertaine ce matin, nous préférons donc explorer les villages alentours de Hongcun  et Xidi. Le premier est un peu trop pris d’assaut par les touristes mais très joli, construit selon les règles du fengshui. Un étang central en forme de demi-lune représente l’estomac, le centre de la ville,  d’où rayonnent ses entrailles (les canaux).  Apparemment ils ont fait appel à un maître réputé pour dessiner le village, dans le but de leur apporter la prospérité. Et ça a été plutôt efficace puisqu’après avoir été une ville marchande prospère, c’est aujourd’hui une ville touristique prospère (100 ¥ pour entrer dans le village…).

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Le deuxième village (payant aussi) est plus calme et un peu plus authentique,  niché dans une jolie petite vallée agricole.

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Le soir nous préparons notre expédition aux Montagnes Jaunes, notamment en achetant de quoi manger deux jours car les tarifs de hôtels et restaurants sont absolument exorbitants au sommet.

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Mardi 9 mai : Les Montagnes Jaunes

Après avoir récupéré un picnique fort cher et pas bien gros à l’auberge, nous prenons un bus pour Tangkou, au pied des montagnes. Une fois arrivés on se prépare à marcher mais évidemment il nous faut prendre un autre bus touristique (20 ¥ l’aller) pour arriver au sentier à 20 km de là… On arrive au départ des marches de l’Est et commençons l’abrupt escalier vers le sommet (900 m de dénivelé tout de même).

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En chemin nous dépassons de très nombreux porteurs, chargés comme des mules de légumes et de boissons à destination des hôtels. Ils portent deux paquetages à chaque extrémité d’un bâton qui repose sur leur épaule. On a estimé (en comptant les bouteilles d’eau) qu’ils portaient jusqu’à une cinquantaine de kilo de chaque côté ! Ça doit leur scier les trapèzes. Et leurs mollets sont énooooormes ! C’est vraiment de l’esclavage moderne puisque 3 téléphériques montent au sommet, pourquoi leur ruiner la santé alors que les hôtels pourraient charger une cabine ?

Bref , nous arrivons au sommet une heure et demi bien fatigante plus tard. Là,  nous zigzagons entre les différents sentiers du sommet pour rejoindre de jolis points de vue. C’est pas aussi plat qu’on espérait donc on a encore quelques belles volées de marches ! Les paysages sont jolis, des montagnes de granit érodées formant des pics impressionnants. Mais on est un peu déçus, c’est moins joli qu’à Zhangjiajie, et il y a beaucoup plus d’affluence, ce qui gâche considérablement le plaisir.

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On arrive en début d’après-midi à l’hôtel Paiyunlun que nous avons réservé, pour la modique somme de 150¥ par lit en dortoir non mixte (on trouve normalement des chambres doubles confortables pour ce prix là !). Après une légère prise de bec (d’une bonne demi-heure) avec l’hôtel par rapport à la réservation, on s’installe dans deux chambres d’hôtel (une fille, une garçon) qui ont été transformées en dortoir : 6 matelas sont posés à même le sol.

Nous montons ensuite au pic de Danxia, juste au dessus de l’hôtel pour y attendre le coucher de soleil dans quelques heures. On se trouve un petit coin tranquille plein ouest, bien ensoleillé, où on s’installe pour bouquiner. Le monde arrive au fur et à mesure, et rapidement un couple de Hong-Kongais s’installe juste à côté de nous (alors qu’il y avait encore de la place partout !). Et quand je dis juste à côté, ils étaient plus proches de moi que je ne l’étais de Mathieu. Ça nous a saoulé de ne pas pouvoir être tranquilles donc on a quitté notre super emplacement pour chercher un autre coin plus tranquille. Malheureusement on nous a vu nous faufiler dans un coin et nous avons été suivis par une dizaine de personnes. On admire le coucher de soleil dans un calme tout relatif, puis redescendons à l’hôtel.

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Nos chambres sont remplies, et c’est pas facile de partager un dortoir avec des touristes chinois : de mon coté ça papote jusqu’à tard sans baisser la voix, puis allume la lumière de façon intempestive. Chez les garçons c’est odeurs corporelles, rots, pets et crachats !

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Mercredi 10 mai : Les Montagnes Jaunes

On se lève à 4:30 pour aller voir le lever de soleil sur la mer de nuages, le must ! Évidement nous ne sommes pas les seuls et on doit presque faire la queue pour monter. On se trouve un belle vue et savourons notre thermos de thé en regardant le ciel rosir. Chance ou malchance , il fait grand beau, et donc pas de mer de nuage. Mais je préfère ne pas voir la mer de nuage que de ne rien voir du tout à cause du brouillard !

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On part ensuite pour une longue randonnée réputée difficile, le défilé de la mer de l’ouest, en espérant être plus au calme. Et en effet, il y a beaucoup moins de monde, par contre, comme les Chinois ont l’habitude de hurler face aux belles vues (pour tester l’écho ?), c’est pas très calme non plus. En revanche, les vues sont éblouissantes : on descend par des escaliers dans des endroits improbables et vertigineux, zigzaguant entre les pics, jusqu’en bas d’une sorte de gorge. Là, il est possible de remonter via un funiculaire, mais nous préférons remonter sur l’autre versant par un chemin tout aussi raide et vertigineux. Ici, nous sommes enfin au calme ! Je ne sais pas le dénivelé exact mais on a bien dû faire 800m pour descendre du plateau, puis remonter au sommet, évidemment tout en escaliers.

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Une fois de retour en haut, nous approchons les marches de l’Ouest, le chemin qui nous ramène au bus. La foule est incroyablement dense (pourtant nous sommes hors vacances et en pleine semaine), et du coup malgré les paysages assez beaux, nous pressons le pas et n’avons qu’une hâte, fuir la foule. La descente met nos cuisses et nos genoux à rude épreuve mais nous arrivons enfin en bas, où nous prenons (non sans mal, vu les mauvaises explications de l’auberge de jeunesse) les deux bus qui nous ramènent à Tunxi.

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Jeudi 11 mai : Nanjing

Nous avions prévu de visiter les alentours de Tunxi mais avons été un peu déçus par l’endroit, et comme les sites touristiques sont tous à au moins 1h de bus et payants, nous avons décidé de quitter la ville et d’improviser une visite à Nanjing, une ancienne capitale impériale. On arrive en fin d’après-midi et passons la soirée avec nos couchsurfeurs.

Vendredi 12 mai : Nanjing

Nous allons nous promener au centre ville, et longeons les imposants remparts qui encerclaient la ville (et dont chaque brique est marquée du sceau du fabricant).

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Il fait un temps magnifique et nous rechignons à aller visiter les nombreux musées de la ville, préférant flâner dans le joli parc du lac de Xuanwu puis dans Zhongshan.

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Le soir on partage le repas avec nos couchsurfeurs. C’est toujours génial pour ça le couchsurfing : partager un taboulé libanais avec un américain, un syrien et deux français, en Chine, c’est pas commun !

Samedi 13 mai : Shanghai

Nous prenons un train pour Shanghai, où nous retrouverons demain matin Sylvie et Alain, les parents de Mathieu. En attendant, nous prenons place dans un Air BnB (les auberges sont inexplicablement pleines et hors de prix) en fin d’après-midi, puis allons rejoindre un ami avec qui nous passons la soirée.

Dimanche 14 mai : Shanghai

Réveil très matinal pour aller chercher Sylvie et Alain, les parents de Mathieu, à l’aéroport de Shanghai à 7h du matin. Après les retrouvailles, nous repartons poser les valises à l’hôtel, puis allons visiter le temple Jing’an, au milieu des gratte ciel modernes.

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Nous continuons ensuite par une balade le long du Bund, qui offre de belles vues sur le centre des affaires de Shanghai. La tour Shanghai, la plus haute d’Asie (632 m) qui était encore en construction lors de notre premier passage à Noël 2015, est désormais finie.

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Nous prenons le bateau pour traverser et allons nous balader au milieu des immenses gratte ciel. Sur les conseils d’un ami, nous montons au 96ème étage du décapsuleur (désormais seulement le deuxième plus haut building de la ville avec ses 492 m). On est juste en dessous de l’étage panoramique (payant et cher), la vue est la même, sauf que c’est gratis ! On redescend sans même consommer, vu le prix exorbitant des boissons (x6 pas rapport à en bas !).

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Les trois plus hautes tours de Shanghai

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La vue depuis le 96ème étage du décapsuleur

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Le décapsuleur vu d’en bas

On reprend le bateau en direction du Bund, et profitons de la vue à la tombée de la nuit avec une bière à la main. Après un repas dans les ruelles proches, on retourne pour la vue illuminée, puis rentrons à l’hôtel.

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Lundi 15 mai : Shanghai

On se dirige vers le célèbre jardin Yu, où nous nous baladons à travers les cours, pagodes et allées couvertes charmantes.

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On se balade ensuite dans la vieille ville alentour, prenant un thé hors de prix dans la célèbre et charmante maison de thé Huxinting, puis allons manger de délicieuses nouilles dans un tout petit boui-boui.

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On va ensuite  vers la concession française, dans les quartiers de Xujiahui puis de Tianzifang où nous prenons un café dans un bar à chat !

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Mardi 16 mai : Suzhou

Nous partons prendre le train pour nous rendre dans la ville voisine de Suzhou, célèbre pour ses vieilles ruelles bordées de canaux et ses nombreux jardins. Après avoir pris place dans une charmante auberge de style Ming, nous nous promenons dans la jolie rue principale, et arrivons au superbe jardin de l’humble administrateur. On déambule entre les pagodes, les pavillons, les ponts en demi-lune et de superbes bonsaïs.

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En fait c’est un art d’origine chinoise, appelé ici le penjing, qui signifie littéralement « pot et paysage » : à la différence du bonsaï japonais, qui est un arbre solitaire ou une forêt en pot, le penjing évoque plutôt un paysage grâce à divers éléments associés aux arbres, comme des pièces d’eau, des pierres ou des figurines. Un bel exemple ci-dessous :

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On fini en dégustant un thé dans une maison de thé tout en bambou.

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On repart ensuite tranquillement par les rues piétonnes, testons les bains de pieds où les poissons vous mangent les peaux mortes (ça chatouille !), prenons l’apéro à l’auberge puis allons dîner dans un “dry pot”, un pot sec. Comme pour un hotpot (fondue chinoise), on choisit une base (dans notre cas des filets de poulet) et les ingrédients que l’on veut y ajouter (légumes, tofu, champignons, salade… ). Tout est amené cuit ensemble dans un wok qui continue de cuire sur notre table. C’est délicieux aussi !

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Mercredi 17 : Luzhi

Après un petit micmac avec l’hôtel (on n’avait pas prévu de rester deux nuits et nos chambres ont été réservées par d’autres personnes, mais finalement on a trouvé de la place en dortoir), on prend le métro puis le bus pour nous rendre à Luzhi, une ville voisine qui abrite un vieux centre ville sillonné de canaux, surnommée la Venise de l’Orient.

C’est tout à fait charmant et les touristes sont rares (ils sont tous à Tongli, plus célèbre, et payante). On se balade au hasard des ruelles ombrées, déjeunons dans un charmant restaurant, nous promenons dans un joli parc et trouvons un adorable café.

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On rentre à Suzhou et je vais réserver nos billets de train pour Beijing le lendemain. Malheureusement tous les trains du matin sont complets (ils étaient encore vides quand j’avais vérifié à midi.. ), nous allons devoir attendre celui de 16h30. On prend l’apéro dans l’une des charmantes cours de l’auberge puis allons manger dans un hot-pot pas très loin.

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Jeudi 18 mai : Suzhou

On va visiter le musée de Suzhou, offrant de belles collections d’objets de nombreuses époques collectés dans les environs, dans un bâtiment très joli, moderne mais reprenant les codes et la structure des bâtisses traditionnelles.

Après le déjeuner nous nous dirigeons vers la gare pour prendre le train rapide qui nous amènera à Beijing , à 1200 km de là, en 5h seulement.

Nous arrivons à 21:30, prenons un taxi qui nous dépose dans les hutongs, les fameuses allées étroites qui composent le cœur historique de Beijing. C’est sombre et un peu tard du coup ça serait flippant dans n’importe quel pays mais en Chine ça va. On trouve notre auberge, installée dans une ancienne usine réaménagée.

Vendredi 19 mai : Beijing – la Cité Interdite

Nous prenons le métro (vétuste et bondé par rapport aux superbes réseaux que nous avons vu ailleurs en Chine) pour nous rendre à la Cité Interdite. Elle est située juste au nord de la célèbre place Tian’anmen, la plus grande du monde, qu’on aperçoit donc. C’est une place faite pour les défilés militaires plus que pour la flânerie, il n’y ni banc ni ombre, et vu la chaleur qu’il fait et l’état de la cheville de Sylvie, nous nous abstenons de la traverser pour le moment.

Nous entrons plutôt dans la Cité Interdite après une succession d’immenses portes. C’était le lieu de résidence des empereurs de Chine pendant deux dynasties, inaccessible pendant cinq siècles, et c’est le plus grand complexe palatial au monde (72 hectares !). Il était interdit d’en franchir la porte sous peine de peine de mort. Heureusement, de nos jours, il suffit de nous acquitter d’une dizaine d’euros pour entrer. Une fois passés sous la porte du Midi, nous arrivons dans une grande cour où zigzague une rivière. Nous prenons à droite pour arriver dans un espace ombragé où se trouve la salle de la Gloire Littéraire, avec une collection de poterie très jolies.

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Nous revenons sur nos pas, et nous nous rappelons que nous avions rencontré à Lijiang une jeune femme qui avait installé une exposition des bijoux de la maison Chaumet (une bijouterie de la place Vendôme) juste au dessus de la porte du Midi. Nous montons donc pour y découvrir de superbes bijoux du 18ème siècle), et une belle vue sur les remparts.

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Nous passons ensuite la porte de l’Harmonie Suprême, dans une cour pouvant accueillir des audiences impériales de 100 000 personnes. Nous accédons aux trois salles de l’Harmonie Suprême, l’Harmonie du Milieu et l’Harmonie Préservée, un peu déçus de ne pas pouvoir y entrer : nous sommes contraints de nous agglutiner contre les barrières qui bloquent les portes pour tenter d’en apercevoir l’intérieur et le trône du Dragon, où siégeait l’Empereur.

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Une fois passée la porte, nous tournons à droite pour voir la salle d’exposition des horloges (il faut acheter un billet supplémentaire). On y trouve une collection intéressante d’horloges anglaises, suisses et françaises offertes à l’Empereur dans le but de favoriser le commerce entre nos pays. Ce qui est rigolo c’est qu’en Chine c’est un impair d’offrir une horloge, car ça se prononce presque comme le mot pour “fin”, donc offrir une horloge ça revient à souhaiter la mort à celui qui la reçoit ! Certaines pièces sont impressionnantes, ce sont de véritables manèges mécaniques qui accessoirement donnent l’heure : un pavillon chinois avec dedans un pantin qui écrit des caractères , un vase contenant des lotus qui s’ouvrent toutes les heures pour dévoiler des bouddhas, une miniature du système solaire en mouvement…

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On trouve ensuite une cantine pour manger puis continuons la visite par le Grand Palais de la Paix et de la Longévité , une sorte de palais dans le palais : sa structure reprend la structure générale de la Cité Interdite mais en plusieurs fois plus petit. C’était le lieu de résidence de l’impératrice douairière Cixi. Il faut à nouveau payer un petit supplément, puis nous entrons face au mur des neuf dragons en faïence, l’un des trois derniers du genre en Chine, avant de pénétrer dans la salle des joyaux, présentant des bijoux de la dynastie Ming. Certains sont d’un bleu incroyable, il s’agit en fait de plumes de martins pêcheurs enchâssées dans une structure métallique, c’est surprenant et magnifique. On passe par le Pavillon des Mélodies Joyeuses, un opéra en bois sur trois niveaux, avec d’intéressants systèmes de trappes et de poulies pour permettre aux acteurs de faire des effets spéciaux.

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On ressort ensuite près du mur Nord, puis retournons sur nos pas pour découvrir le jardin impérial, somme toute assez petit par rapport à la taille de l’ensemble. Il est gardé par des éléphants en bronze, bizarrement agenouillés en révérence devant l’empereur. Nous enchaînons ensuite les multiples palais avec cour, où la plupart des Empereurs résidaient.

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Nous passons alors par la porte de la Pureté Céleste et passons à côté de trois salles centrales, très semblables au trois salles de l’Harmonie mais en plus petit, avant de ressortir par la porte Nord.

Vu la taille du bazar, la température étouffante et la foule, cette traversée aura été une vraie épreuve ! Le palais impressionne plus par sa taille (et encore, on n’en a visité qu’un tiers !) que par l’élégance de son architecture, finalement très similaire aux autres bâtiments traditionnels chinois. En sortant de là nous avons juste envie de calme et de fraîcheur !

On se dirige donc vers le parc du Temple du Ciel, de style confucéen, qui abrite la superbe salle de Prière pour de Bonnes Moissons ainsi qu’une magnifique roseraie.

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Nous allons ensuite manger dans la rue des fantômes, en bordure des hutong, pour y goûter au fameux canard laqué de Beijing. On commande un canard entier, qui arrive tout doré et croustillant, entier. Un serveur le découpe ensuite devant nous, découpant adroitement de fines tranches de chair et de peau. Il repart avec la carcasse qui semble encore pleine de chair, il semblerait qu’ils ne servent que les meilleurs morceaux (dommage, on aurait bien tout mangé !). On doit ensuite prendre une fine galette, et la farcir de canard (peau et /ou chair), de concombre, d’oignon vert, de pâte d’églantine, et de sauce (au choix, prune, pomme ou églantine), avant de déguster le tout. C’est délicieux et très fin, on se régale ! Par contre les quantités sont un peu minces, surtout vu le prix du plat. Mais en se baladant dans les hutongs après nous trouvons un petit marché où nous achetons des fruits frais pour finir le repas.

On repasse à l’auberge prendre nos sacs, puis trouvons tant bien que mal un taxi pour nous amener à travers d’affreux bouchons chez une couchsurfeuse au nord de la ville. Marion est CEO de Limagrain Chine (s’il vous plaît ! Eh non je le savais pas avant de la rencontrer !) et vient de s’inscrire sur le site couchsurfing en vue d’un tour du monde qu’elle va faire l’an prochain avec ses trois enfants. Elle nous accueille donc tous les 4 dans sa superbe maison.

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Samedi 20 mai : Beijing – Hutong et temple des lamas

Aujourd’hui c’est plus tranquille, nous nous baladons simplement dans les hutong, littéralement “ruelles étroites “, un entrelac de maisons à un étage, de demeures historiques aux cours carrées et de boutiques touristiques, jusqu’à atteindre les tours du tambour et celle de la cloche, qui marquent l’heure dans la ville avec (je vous le donne en mille) des tambours et une cloche.

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Après un déjeuner dans une cantine populaire du coin et un café au calme, on reprend notre balade jusqu’au temple des Lamas, le plus grand temple bouddhiste de Beijing. Le clou de la visite est l’immense statue du bouddha Maitreya, de 18 m de haut, et dont la partie centrale serait sculptée dans un seul bloc de bois de santal.

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On retourne dans la rue des fantômes pour le dîner, et dégotons un petit restau un peu en retrait qui sert de délicieuses brochettes, puis rentrons chez notre hôtesse.

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Dimanche 21 mai : Beijing – Palais d’Été

Nous bravons à nouveau les bouchons pour nous rendre au Palais d’Été, un peu en dehors de la ville. C’est un immense parc autour du lac artificiel de Kunming (agrandi par 100 000 ouvriers au 17ème siècle) où les Empereurs allaient échapper à la fournaise estivale de la Cité Interdite (on les comprend). Le palais lui-même a été mis à sac et détruit par les troupes franco-anglaises lors de la seconde guerre de l’opium à la fin du 19ème siècle. Cependant le parc abrite quelques bâtiments superbes, comme le pavillon des Fragrances Bouddhiques et la salle de la Bienveillance et de la Longévité, restaurés par l’Impératrice douairière Cixi après les dommages infligés par les troupes franco-anglaises. Pour cela elle utilisa les fonds destinés à la modernisation de la flotte, et fit construire un navire en marbre au nord du lac, en pied de nez à la Marine.

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Nous nous offrons une balade en pédalo sur le lac, afin de voir de plus près les jolis ponts en demi-lune et le pont aux dix-sept arches. Nous ressortons ensuite par la porte Ouest et prenons le bus pour aller visiter les jardins botaniques de la ville, non loin, qui abritent une immense roseraie et une serre avec un superbe jardin de plantes grasses. Nous rentrons ensuite après avoir fait quelques courses, et passons la soirée avec Marion et ses enfants autour d’un agréable dîner.

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Lundi 22 mai : Grande Muraille (Mutianyu)

Nous retrouvons à 8h le chauffeur qui va nous conduire à la Grande Muraille, au nord de Beijing. Ça a été un vrai casse-tête pour moi de choisir la section à visiter, afin de trouver un bon compromis entre foule, beauté, accessibilité (pas facile d’escalader un rempart pareil pour la cheville cassée de Sylvie, surtout s’il est effondré). Nous avons finalement opté pour Mutianyu, assez touristique mais rénovée, et on n’a pas été déçus !

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En revanche, la météo n’a pas été bien clémente, les averses se sont enchaînées pendant tout le trajet. Nous montons sur la muraille via les télécabine, afin de nous épargner les quelques heures de marches abruptes et glissantes. Heureusement, malgré la pluie, la visibilité est bonne, et nous admirons la muraille serpenter sur les sommets de petites montagnes baignées de brume. Un paysage vraiment magique !

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Les photos ne rendent pas la magie du lieu, c’est vraiment aussi incroyable qu’on peut se l’imaginer. Longue de plus de 8 000 km (6000 km de murailles et 2000 km d’obstacles naturels), elle n’est certes pas visible depuis la Lune, mais ça n’enlève rien à cet ouvrage impressionnant. La construction de la muraille en terre a débuté en -220 avant JC, sous l’Empereur Qin Shi Huandi (celui-là même dont le tombeau abrite la célèbre armée de terre cuite), grâce aux efforts de centaines de milliers d’ouvriers (surtout des prisonniers politiques), dont la légende dit que leurs os reposent au cœur de l’ouvrage. Elle fut recouverte de briques et de dalles de pierre pendant la dynastie des Ming. Les tours de guet permettaient d’avertir rapidement Beijing des mouvements des troupes ennemies grâce à des explosions de poudre et des signaux de fumée. Malheureusement, « la force d’un mur dépend de ceux qui le défendent » comme le remarqua Gengis Khan, et les sentinelles pouvaient être corrompues. C’est ainsi que les armées mongoles imposèrent leur domination de 1279 à 1368 puis que les conquérants mandchous régnèrent sur l’Empire du Milieu pendant plus de deux siècles. La Grande Muraille tomba ensuite dans l’oubli, et Mao encouragera l’utilisation de ses briques pour ériger de nouvelles structures (le même Mao qui a dit « qui n’a pas gravi la Grande Muraille n’est pas un homme véritable », il n’en est pas à une contradiction près). Sans revêtement, des pans entiers s’effondrèrent et seule l’industrie du tourisme permit d’en sauver certaines parties.

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La section de Mutianyu a été récemment rénovée, tout comme ses très nombreuses tours de guet. Nous nous promenons pendant quelques heures sur la muraille, une balade plus éprouvante qu’il n’y paraît, les escaliers étant vraiment très raides ! Les touristes (surtout des étrangers, presque pas de Chinois) sont relativement peu nombreux, et il n’y a pas de groupe, ouf ! Pendant le piquenique, la météo se détériore et le brouillard se lève, on redescend donc à la voiture après un dernier regard sur cette merveille.

Nous arrivons vers 16h à la gare, et notre train étant à 23h30, nous décidons de nous rendre à la place Tian’anmen. En route nous passons par de sympathiques rues piétonnes, remplies de stands de bouffe et de marchands de souvenirs. Après quelques emplettes, nous prenons un touctouc pour finir le trajet jusqu’à la place, et passons la sécurité pour y entrer.

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Les 440 000 m2 de la plus grande place publique du monde sont entourés d’austères édifices de style soviétique (dont celui figurant sur le billet de 100 RMB), et au milieu se trouvent un monument aux héros du peuple, le mausolée de Mao, et un porte drapeau où flotte le drapeau rouge de la République Populaire de Chine. Au nord de la place se trouve la porte en question, Tian’anmen signifiant littéralement porte de la Paix Céleste, où figure un immense portrait de Mao. Nous décidons d’attendre 19:30 sur la place afin d’y voir la cérémonie de la descente du drapeau, qui a lieu tous les soirs (et le levé tous les matins bien évidemment) : la circulation sur l’avenue Chang’an jie qui borde la place au nord est alors interrompue, afin que les soldats de l’Armée Populaire de Libération traversent la porte et l’avenue et arrivent sur la place au rythme de 108 pas de 75cm par minute. Le drapeau est abaissé et l’armée repart. Le soleil couchant est somptueux ce soir là, mais nous n’avons pas le loisir de l’admirer : à peine le drapeau baissé, des dizaines de soldats nous forcent à quitter la place, en nous enserrant dans un filet de rubalise et en nous guidant vers les sorties à grand renfort de hauts parleurs. C’est vraiment stupéfiant ! En tout cas, on peut dire qu’on a été viré manu militari de la place Tian’anmen, et ça c’est la classe ! On va ensuite déguster un dernier canard laqué (moins fin que le premier mais avec de plus grosses quantités) puis allons récupérer nos sacs à la consigne avant de monter dans notre train de nuit.

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Mardi 23 mai : Datong

Nous arrivons après une courte nuit de sommeil dans la ville de Datong. Il fait beau et bien plus frais qu’à Beijing. On s’installe à notre auberge au centre ville, au milieu d’immenses remparts retapés à neuf récemment (ils sont en train de construire une « vieille ville » au centre, histoire d’attirer les touristes dans cette ville minière un peu tristoune). L’auberge nous trouve un chauffeur et organise notre visite des environs, c’est parfait !

On commence par une promenade dans la forêt de terre, Tulin, une sorte de mini grand canyon. C’est joli mais ça ne casse pas trois pattes à un canard. Mais c’est agréable de se promener au soleil dans l’air frais, sans aucun touriste !

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On est ensuite conduits jusqu’au célèbre Monastère Suspendu, un minuscule temple appuyé sur le flanc de superbes gorges grâce à de longs étais. On traverse les étroits couloirs et les passerelles vertigineuses pour voir plusieurs salles finement décorées abritant des bouddhas, malheureusement endommagés par des vandales.

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Après le déjeuner, nous allons visiter les grottes bouddhiques de Yungang, la véritable raison de notre détour par la ville de Datong. Les 252 grottes, toujours vénérées, ont été sculptées au 5ème siècle par les Tuobas et abritent 51 000 statues dont le style a été influencé, grâce à la route de la soie, par l’Inde, la Perse et même la Grèce. Nous commençons la visite par une grande allée bordée de statues menant à un joli temple, avec des poutres aux couleurs moins criardes que d’habitude, des statues en bois non peintes et de belles peintures bouddhiques d’un style différent de ce que nous avons vu jusqu’à présent. Les moines frappent régulièrement leur bol tibétain dont le beau tintement résonne dans tout le temple.

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Nous arrivons alors aux grottes proprement dites. Cela n’a rien à voir avec les grottes de Dazu, près de Chongqing : ce sont véritablement des grottes et non pas des bas reliefs, sculptées dans une belle falaise jaune, évidées afin de laisser à l’intérieur d’immenses bouddhas (le plus grand fait 17m), de superbes fresques murales dont les couleurs sont encore très vives par endroit, ou encore des murs entiers couverts de minuscules bouddhas placés dans des niches. Certaines grottes sont fermées pour restauration mais nous avons amplement à voir. Certaines sculptures sont très abîmées par l’érosion et les vandales, mais beaucoup sont remarquablement conservées, jusqu’au pigment des peintures. C’est vraiment très beau et une agréable visite, le temps était superbe et la brise portait jusqu’à nous le délicieux parfum des robiniers faux acacias et les chatons des peupliers.

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Nous sommes ensuite repartis à l’auberge et passons une soirée tranquille dans le « vieux centre » de Datong.

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Mercredi 24 mai : train pour Pingyao

Nous passons la journée dans le train lent aux sièges durs qui relie Datong à la ville fortifiée de Pingyao.

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Nous arrivons en fin d’après-midi dans une charmante auberge installée dans la cour carrée d’une bâtisse Ming, superbement aménagée dans le même style. Nous allons nous promener un peu au hasard des rues et faisons les boutiques, nombreuses et pas chères, l’endroit parfait pour acheter des souvenirs.

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Jeudi 25 mai : Pingyao

La journée est consacrée à la découverte plus approfondie de la vieille ville, de ses nombreux bâtiments anciens, temples et des superbes remparts.

À noter qu’on a tenté de nous arnaquer au temple taoïste en nous forçant à faire un don après nous avoir bénis ! À part ça, la journée est superbe tout comme la ville. Le soir nous disons au revoir à notre belle auberge avec regret, et allons prendre le train de nuit pour Xi’an.

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Vendredi 26 mai : Xi’An

On arrive après une nuit sans encombre et prenons le bus pour rejoindre notre auberge de jeunesse. Là, surprise, ma réservation (nécessaire en ce long week-end de trois jours où les lieux touristiques sont pris d’assaut) a bien été notée, mais seulement pour une nuit et non pas quatre ! Du coup il n’y a plus de chambre double dispo, nous sommes obligés de prendre une triple (que l’on paye plus cher), et en plus pendant les trois nuit du festival le prix double… Globalement nous avons été très déçus par le service de cette auberge (Shuyuan Youth Hostel) que je ne recommande pas du tout, et qui est en plus très bruyante (ils sont fiers d’être une auberge-discothèque, l’idée à la con…)

Après un café, nous partons voir un petit musée en périphérie, dans la ville de Xianyang (on se garde l’attraction principale, à savoir les guerriers de terre cuite de Qin Shi Huang, pour dimanche, quand notre amie Natalia de Shenzhen nous aura rejoints). Le trajet en bus de ville est un peu long, surtout que nous avons pris la ligne 21 et non pas la 21, la 21bis, donc on est obligés de prendre un taxi quand nous nous sommes aperçus de notre erreur ! Mais on arrive, et nous visitons un charmant petit musée, avec une belle collection de soldats de terre miniatures, vestiges de la tombe de Liu Bang avec de bonnes explications en anglais compréhensible, une rareté !

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On mange dans un petit restaurant à côté de délicieuses nouilles biang biang , une spécialité de Shaaxi où nous nous trouvons. Ce sont de large nouilles fraîches servies avec des légumes et de la viande, et accompagnées de gousses d’ail crues. Leur particularité tient à la complexité extrême du caractère chinois qui les désigne, composé de 57 traits (42 en simplifié), qui serait le caractère le plus compliqué de la langue chinoise, trop complexe même pour être un caractère ASCII ! Et tout ça pour dire nouille.

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Ça ferait un tatouage sympa, non?

On rentre ensuite à l’hôtel faire une petite sieste (il fait une chaleur terrible !), puis en soirée nous allons nous balader dans le célèbre quartier musulman de Xi’an. Les rues principales sont bordées de restaurants de brochettes au devant desquels pendent les carcasses de moutons en train d’être désossées. La foule est dense mais les vélos électriques s’y faufilent quand même à coup de klaxons et en écrasant quelques pieds. On trouve une petite ruelle qui vend uniquement des souvenirs, et après quelques emplettes on se trouve un restaurant avec une cour plus calme à l’arrière, où nous mangeons de délicieuses brochettes d’agneau, de poulpe et un roujiamo, une sorte de petit pain fourré à la viande, spécialité du Xinjiang (mais les meilleurs de la Chine sont à Fumin, Shenzhen).

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Samedi 27 mai : Xi’an

La nuit a été courte à cause de la discothèque en plein milieu de l’auberge qui a mis la musique à fond jusqu’à tard dans la nuit, normal pour une auberge… Nous partons visiter la grande mosquée de Xi’an dans le quartier musulman. Le guide parlait d’une mixture d’architectures arabe et chinoise mais en fait elle ressemble à un simple temple bouddhiste, à l’exception de quelques bas reliefs. Je suis venue en short (j’ai vu des nanas en sortir en short la veille donc je ne me sus pas méfiée) mais j’ai eu le droit à la belle djellaba noire pour me couvrir, la classe !

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On mange dans le coin puis nous rentrons à l’auberge retrouver notre amie Natalia et faire une sieste pendant les heures chaudes. En soirée, nous nous rendons à la Grande Pagode de l’Oie Sauvage construite sous la dynastie Tang, et attendons le spectacle de son et lumière sur la fontaine qui commence à 20:00, ou 20:30. Finalement ça commence à 21h, la foule est dense et donc on ne profite pas trop du spectacle.

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On part dîner, avec mon ancien collègue Dimitri (le maître brasseur de Bionic Brew), qui était là, à l’occasion d’une compétition de brasseurs amateurs. On décide donc de chercher la brasserie artisanale de Xi’an, pas très loin de notre auberge. Les parents de Mathieu vont se coucher, espérant mieux dormir avec des boules quiès cette fois. Après avoir tourné en rond un moment, on finit par trouver le bar, à 100m de l’hôtel, et en entrant Dmitri croise par chance l’assistant brasseur qu’il avait rencontré le jour même. Ce dernier nous a fait visiter le bar et la brasserie (au milieu du bar, sur deux étages, magnifique mais pas bien pratique), nous offre une bière chacun (plutôt pas mal au demeurant), et nous amène au troisième étage, pas ouvert au public (mais on est des VIP), où se trouve une charmante terrasse avec une vue imprenable sur les remparts de la ville. Que demander de plus !

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Dimanche 28 mai : Xi’an – L’armée de terre cuite

Nous prenons le bus pour aller voir les fameux soldats de terre cuite enterrés dans le tombeau de Qin Shihuang, le premier Empereur de Chine. Alors si vous voulez en savoir plus sur cet homme extraordinaire et mégalo, je vous conseille de faire un tour sur l’excellent blog de notre amie Cid, qui lui consacré un très bon article ! Sinon, il suffit de savoir qu’il est le premier à avoir unifié la Chine et construit la Grande Muraille. Il était aussi obsédé par l’immortalité, et à défaut, par avoir une tombe un peu plus classe que le pékin moyen (calembour !). Il s’est donc fait construire un mausolée immense où il a été inhumé, dans lequel son empire aurait été représenté, avec des rivières en mercure et une voûte céleste en perles, entre autres merveilles. Malheureusement celui ci n’a toujours pas été exploré, le taux de mercure dans l’air étant 100 fois supérieur à la normale, ce qui semble confirmer l’histoire des rivières. Mais non loin du mausolée, il a aussi fait enterrer une armée de 8000 hommes (de terre cuite), afin qu’ils le suivent au royaume des morts et qu’il continue à régner là bas.

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L’endroit est célèbrissime, et la foule s’y presse, surtout en ce long week-end (festival des bateaux dragons), mais c’est tellement immense que ça va. On commence par visiter la plus grande fosse, la n°1, abritée sous un immense hangar. Ce sont les fameuses rangées de soldats que l’on a tous vus en photo ou à la télé. Ce que je n’avais jamais remarqué c’est que seulement un tiers de la rangée de soldats est en bon état, le reste de la fosse étant remplie de débris. C’est tout de même fascinant, surtout lorsqu’on se souvient qu’aucune statue n’est identique. Elles sont arrangées en formation militaire, archers et arbalétiers devant, infanterie derrière.

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Le hall n°3, plus petit, abrite ce qui semble être le centre de commandement de l’armée et les restes d’un char. Enfin, le hall n°2 abrite une vaste fosse, encore couverte de terre, donc on n’aperçoit pas les soldats, mais sur le côté cinq soldats ont été sortis pour que l’on puisse les observer de plus près, et ils sont fantastiques ! Un archer agenouillé, un autre debout, prêt à tirer, un chevalier et sa monture, un officier de rang intermédiaire et un général. Les détails de leur visage, de leur coiffure et leurs habits sont ébahissant.

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Un petit musée abrite à côté d’eux chariots en bronze exhumés près du mausolée, mais la foule est si dense qu’on ne s’y attarde guère. La visite manque d’explications à mon goût, un film est certes projeté dans le hall n°2 mais sans son et sans siège pour s’asseoir, c’est dommage. Nous n’avions pas loué les guides / audioguides car ils ne parlent pas français donc c’était un peu difficile pour les parents de Mathieu en anglais. Il faudrait combiner la visite avec la vue d’un reportage le soir ! Après la visite de quelques heures, nous rentrons tranquillement à l’auberge nous mettre à l’abri de la chaleur torride, puis allons manger au quartier musulman.

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Lundi 29 : Xi’an – Tombeau de Jingdi

Ce matin nous avons réservé une voiture auprès de l’auberge, nous évitant ainsi le voyage fastidieux en bus jusqu’au tombeau de Jingdi. Il faut savoir que ce ne sont pas les tombeaux et mausolées qui manquent aux alentours de Xi’an, Qin Shihuang ayant lancé une mode avec son tombeau spectaculaire. Après, ils me sont pas tous accessibles ou intéressants, mais nous tenions à voir celui-là aussi.

Nous sommes déposés devant le tumulus qui abrite la dépouille de cet empereur de la dynastie des Han, qui régna un siècle après Qin Shihuang, et entrons dans un souterrain qui nous permet d’explorer quelques unes des fosses qui entourent le mausolée. La visite est très bien faite, avec des planchers en verre permettant de marcher au dessus des fosses, ou des parois en verre lorsqu’on marche entre les fosses (ça donne l’impression d’être enterré dans la fosse, brrr!), des explications en anglais et même dans un français un peu hasardeux. Le seul point noir c’est que ça manque un peu de lumière, notamment pour lire, mais ça ajoute à l’ambiance ! Il y a aussi beaucoup moins de touristes. Les fosses abritent d’étranges statuettes, hautes d’une soixantaine de centimètres, sans bras, nues et filiformes.

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En fait, les archéologues ont découvert qu’elles avaient des bras en bois et était vêtues, mais le bois et les tissus n’ont pas survécu aux outrages du temps. Aussi, ce n’était pas une seulement une armée, comme dans le tombeau de Qin Shihuang (la célèbre armée de terre cuite), mais toutes sortes d’habitants qui étaient représentés, donnant aux historiens de nombreuses indications sur la vie à cette époque. Il y a aussi plein d’animaux en poterie, chiens, poules, moutons, chèvres, cochons, des troupeaux entiers et miniatures. Les humains compte trois catégories : hommes, femmes et eunuques (très nombreux  au service des empereurs). Leurs visages sont différents les uns des autres, entre individus mais aussi selon les ethnies, par exemple, les cavalier(e)s ont les pommettes hautes du peuple mongol.

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Une cavalière mongole, sans son cheval

Un film est projeté aux heures piles, et nous avons à notre disposition des oreillettes avec traduction en anglais ou en français impeccable. Le film est en fait un hologramme miniature d’un archéologue qui se balade entre les reliques, dont certaines s’animent et se colorent. C’est super bien fait et les explications sont intéressantes.

Nous ressortons du souterrain et allons au musée, un peu plus loin, qui expose des objets et des statuettes avec une meilleure lumière, nous permettant d’apprécier la finesse des traits des visages des statuettes. Certaines ont été colorées et on leur a ajouté bras et vêtements pour voir à quoi elles devaient ressembler lorsqu’elles ont été ensevelies. On y apprend que le souverain était plus avisé que Qin Shihuang (le premier Empereur) et, pour ne pas saigner son peuple avec des travaux pharaoniques pour une tombe (comme l’avait fait, Qin Shihuang, en tuant 10% de son peuple à la tâche), il a commandé des statuettes plus petites, des objets en terre cuites plutôt qu’en métaux précieux, et une représentation de l’agriculture qu’il avait beaucoup encouragé pendant son règne.

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Moins flippant une fois peinte et habillée !

J’ai vraiment adoré ce tombeau, que j’ai trouvé bien plus intéressant finalement que la célèbre armée de terre cuite. A ne pas manquer !

Nous rentrons ensuite à Xi’an puis allons à nouveau dîner dans le quartier musulman.

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Mardi 30 mai : Xi’an – Huashan

Nous disons au-revoir au parents de Mathieu ce matin à 4h, un taxi les amène avec Natalia à l’aéroport. On se recouche une heure, puis partons prendre le premier bus à destination des Huashan, un mont taoïste à 120 km de Xi’an.

Une fois arrivés nous avons le choix de prendre le téléphérique ouest ou nord pour grimper (pas le temps de faire l’ascension à pied en un jour), nous choisissons le nord (moins cher), mais nous nous trouvons embarqués dans le bus de l’ouest par erreur. Tant pis, on prend celui-là, même s’il nous en coûte, mais franchement on ne l’a pas regretté, il était vertigineux et féerique !

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Une fois arrivés au sommet, on se balade tour à tour sur les pics de l’ouest, du sud et de l’est. Celui de l’est était complètement dans le brouillard mais sinon les vues sont belles. Malheureusement on n’ a pas pu faire le célèbre chemin suspendu à flanc de falaise car il y avait 2h de queue, week-end long et endroit obligent … On redescend ensuite vers le pic nord, bien contents d’avoir été déposé au pic ouest, plus haut, plutôt que d’avoir à monter toutes ces marches en plein cagnard ! On redescend ensuite à pied jusqu’à la ville en bas de Huashan via une série d’escaliers incroyablement raides (et pourtant on en a vu des escaliers en Chine, mais ceux là étaient les pires et de loin).

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On arrive juste à temps pour monter dans le bus de 5h, et arrivons à Xi’an deux heures plus tard. Nous faisons un saut à l’auberge pour récupérer nos sacs et prendre une douche, puis allons prendre notre train de nuit pour Zhangye. Malheureusement les lits couchettes étaient vendus depuis longtemps, et nous n’avons pas eu d’autre choix que de prendre des sièges durs (ou rester encore une semaine à Xi’an). C’est très inconfortable évidemment, les sièges ne sont même pas inclinables et le train est plein, mais on prend notre mal en patience. Heureusement vers 6h du mat’ le train se vide à la gare de Langzhou, et on peut s’allonger sur les banquettes et enfin dormir un peu.

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Mercredi 31 mai : Zhangye

On arrive donc vers 13h à Zhangye, pas bien frais, et nous trouvons un taxi pour nous faire visiter la région cet après-midi. On commence par aller aux rochers arc-en-ciel, la raison de notre arrêt à Zhangye. Le Lonely Planet en parle à peine, mais entre-temps le site est devenu un site 5A (système de classification des lieux touristiques par le gouvernement chinois, 5A étant la note maximale), avec un énorme centre touristique, et évidement un billet cher. Nous montons dans les bus compris dans le ticket, qui nous dépose tour à tour à 4 sites où nous pouvons nous balader (en restant sur les chemins). C’est magnifique, les couleurs sont splendides (mais le ciel était grisâtre donc ça ne rend pas aussi bien en photo). Ça a un petit air des ocres du Roussillon mais en beaucoup, beaucoup plus grand, et aussi les couleurs sont réparties en strates. Même si c’était uni, le site est superbe, les collines ont des formes vraiment très jolies. On s’en met plein les yeux puis nous retournons à notre taxi.

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Il est trop tard pour aller voir les grottes bouddhiques de Mati Si, on choisit plutôt d’aller voir le grand bouddha allongé de Zhangye. Il est situé dans un joli temple bien fleuri. Il fait 34,5m de long ce qui en fait le plus grand bouddha couché de Chine. Il a été construit avec une structure en bois recouverte d’argile puis peinte, malheureusement il est un peu défraîchi. Les photos étaient interdites à l’intérieur, désolé !

On retourne ensuite à la gare pour prendre un autre train de nuit.

Les photos

Jeudi 1 juin : Dunhuang

Nous arrivons vers 6h du mat’ à Dunhuang, surnommée la ville des sables. Le paysage est aride, plus encore qu’à Zhangye. Nous prenons un taxi pour nous rendre à l’auberge, mais on est mal tombés, le mec n’a pas voulu mettre le compteur, puis l’a mis mais il était trafiqué, il a roulé comme une limace sur l’autoroute, n’a pas écouté nos indications (avec le GPS), et comme on râlait pour le compteur, il nous a fait un prix au doigt mouillé. Bref on était bien contents d’arriver dans une auberge certes rustique mais avec un personnel adorable.

Après un bon café et un pancake, on repart vers le centre ville et nous prenons le bus à destination des célèbres grottes bouddhiques de Mogao (oui, encore des grottes bouddhiques … Mathieu en a marre aussi XD ). On arrive dans un bâtiment immense et nous prenons nos tickets, hors de prix. On nous demande quelle est notre langue natale, on n’a pas compris pourquoi sur le coup (et comme je n’ai pas répondu Chinois je n’ai pas eu le droit au tarif étudiant, normal). On voit ensuite deux films (avec oreillettes en français) expliquant l’histoire de la ville, une étape importante de la route de la soie, et des grottes, creusées à la demande de riches familles de Dunhuang au 5ème siècle. On prend ensuite un bus qui nous dépose sur le site lui-même, à 20 bornes de là. Là, on fait la queue comme tout le monde, les guides arrivent, prennent un groupe de 40 personnes et y vont. Mais on nous a repérés et des employés nous demandent d’attendre un peu, parce que notre guide francophone va arriver. Ça c’est une bonne surprise ! (et ça explique un peu le prix du billet et pourquoi ils voulaient savoir notre langue natale).

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Derrière chaque porte, une grotte !

On a donc le droit à une visite guidée juste pour nous, à travers 8 des 492 grottes. Les photos sont interdites à l’intérieur, c’est bien dommage car on vous aurait bien montré ça. Ce sont de loin les grottes les mieux conservées que l’on a vues, de nombreuses peintures sont encore intactes (bien qu’un peu oxydées parfois, donnant de drôle de teintes). Certaines ont même plusieurs couches de peinture avec des motifs différents, les descendants ayant mis au goût du jour les décorations de la grotte en peignant par dessus. Les bouddhas et autres bodhisattvas ne sont pas sculptés dans la roche, mais modelés à base de bois et d’argile à l’intérieur des niches, à l’exception de deux immenses bouddhas, l’un assis, l’autre couché, qui eux ont été sculptés dans la roche. Les peintures, très fines et riches en détails, dépeignent les différents sutras (les sutra sont un peu l’équivalent du second testament, ce sont des disciples ou des moines qui ont noté les paroles et actions des bouddhas et bodhisattvas). En tout cas nous sommes ravis de notre guide, qui parle un français presque parfait après avoir étudié seulement 2 ans, sans être jamais allé dans un pays francophone, et qui nous livre de précieuses explications, qui nous avaient manqué dans les autres grottes. Nous finissons par la grotte bibliothèque, où ont été cachés d’inestimables documents, peintures sur soie, calligraphies, datant aussi loin que le 3ème siècle, dans une petite salle de méditation attenante à une grotte. La salle a été redécouverte en 1900 par le moine taoïste Wang, qui s’est empressé de vendre ces précieux documents aux explorateurs français, britanniques, japonais, etc… Sur 60 000 documents, seuls 10 000 restent en possession de la Chine, soit autant qu’en France (en grande partie au musée Guimet à Paris), et deux fois moins qu’en Angleterre, qui en possède 20 000 ! Certaines copies et reproductions sont exposées et l’on mesure l’ampleur de la découverte.

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On repart ensuite à Dunhuang d’où nous nous rendons aux mont des sables chantants, un désert de sable avec de belles dunes jaunes. Il faut bien évidemment payer l’entrée, un tarif un poil abusé juste pour monter sur des dunes (en montagne au moins il y a l’aménagement des chemins, là je ne vois vraiment rien qui justifie le prix, si ce n’est la barrière construite tout autour pour forcer les gens à acheter un billet). Mais c’est très beau, et nous arrivons même à nous écarter un peu des sentiers battus en ignorant les panneaux “ne pas détruire les dunes” lorsqu’on voit des quads passer à toute vitesse dessus… On sort une petite bière fraîche de nos sacs que l’on déguste au calme, puis partons trouver un joli point de vue sur le lac du croissant de lune, une charmante et minuscule oasis coincée entre deux dunes.

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On redescend en courant dans la pente et rentrons à notre auberge, juste à côté. Le soleil se couche plus tard ici, dans la partie Ouest de la Chine (il n’y a qu’une seule heure en Chine bien que le territoire couvre 5 fuseaux horaires), et nous n’avions pas réalisé qu’il était déjà 9h passées. Après un repas et une bonne douche pour enlever tout le sable, on se couche enfin dans un vrai lit.

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Vendredi 2 juin : Yadan

Notre réveil n’a pas sonné ce matin et c’est le propriétaire de l’auberge qui nous réveille en toquant à là porte pour nous dire que le bus est arrivé. En effet, nous avons réservé un tour en bus pour aller voir le parc de Yadang. On se prépare en vitesse et montons dans le minibus fissa.

Rapidement, on arrive dans des paysages dignes du Mordor, de grandes étendues de sables et de graviers sombres brisées seulement par des montagnes noires et acérées, puis des plaines immenses parsemée de petits buissons épineux, entrecoupées de marécages d’eau boueuse entourée de roseaux. Nous faisons un premier stop sur un lieu de tournage de film, mais Mathieu et moi attendons dans le bus, pas spécialement intéressés (et en mode petites économies).

On repart pour arriver au col de la porte de Jade, pas vraiment un col dans cette plaine désertique, mais une ancienne base militaire, où se séparaient deux routes de la soie, contournant le désert du Taklamakan soit par le sud soit par le nord. Pour l’instant nous somme encore dans le désert de Gobi.

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On arrive à Yadan, prenons nos billets et remontons dans un autobus pour faire la visite, c’est à dire quelques stops photos. C’est assez joli et spectaculaire, il n’y a désormais plus une brindille de vivante dans ce paysage complètement minéral, couvert de gravillon noirs, et où sortent de terre d’étranges formations rocheuses, apparues suite à l’assèchement d’un lac et à l’érosion, laissant de grands rochers s’effriter de part et d’autre d’immenses allées. On dirait une ville fantôme pour géants. dommage qu’on ne puisse pas s’ égarer entre ces mastodontes !

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On repart ensuite et faisons une pause pour voir une section de la Grande Muraille (oui, jusqu’ici !) datant de -100 avant JC. Elle est bien moins large que la section restaurée au nord de Beijing, mais tout de même 3m de large à sa base, et elle est fait de roseaux et de boue empilés dans un sens puis dans l’autre.

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On retourne à Dunhuang et prenons un minibus pour la gare, à 2h de route de là (celle qui va vers l’Est est dans la ville de Dunhuang, mais c’est le terminus ; pour aller vers l’Ouest il faut rejoindre une autre ville). On prend notre train de nuit en direction de Turpan, notre première étape dans la province du Xinjiang.

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Samedi 3 juin: Turpan

Nous sommes réveillé par le contrôleur du train (normalement on lui remet le ticket et il nous réveille quand on arrive, mais on en a jamais eu besoin car on allait toujours au terminus). La vue est superbe, une grande plaine aride bordée par de hautes montagnes saupoudrées de neige, on ne s’attendait pas à en voir par ici ! Il y a aussi des lignes hautes tensions à foison et des pompes à pétrole à perte de vue. C’est l’art chinois de mêler l’affreux au sublime.

On attend longuement le bus qui nous dépose à côté de notre auberge, dans une rue poussiéreuse faites de maisons en terre d’un étage. On pousse la porte d’un joli bleu pour découvrir une charmante petite cour couverte de vignes, bien fraîche, une oasis plaisante dans ces rues desséchées. On trouve à côté de l’hôtel de délicieux baozi à l’agneau ou encore à la courge, les meilleurs qu’il nous ai été donné de manger en Chine !

On part ensuite en bus puis taxi jusqu’au ruines voisines de Jiaohe. Perché sur un plateau aride en forme de feuille de saule, et entouré de deux rivières coulant dans deux vals d’une verdure éclatante, ce village naturellement fortifié fut jadis un point fort de la route de la soie et un point stratégique conquis tour à tour par les mongols, les Han et les musulmans. Fait surprenant, les maisons n’ont pas été bâties mais évidées du plateau. On se balade donc dans ce paysage surnaturel, dans les anciennes ruelles d’une ville qui a du être fantastique il y a 2000 ans de ça.

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On repart ensuite au centre de Turpan et allons visiter le musée de Turpan, qui abrite une collection impressionnante d’os de dinosaures (de nombreux ossements ont étés découvert dans la région, bien conservé dans ce climat aride), des objets intéressant accompagnés d’explications complètes dans un anglais impeccable sur l’histoire de la région, ainsi qu’une superbe collection de poteries et d’éventails.

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On se balade ensuite au hasard des rues à la recherche du minaret Emin, très joli, en terre sculptée de motifs géométrique. On rentre enfin profiter du charmant cadre de notre auberge, puis dînons non loin. On a attendu notre plat presque une heure (au bout d’une demi heure on s’est inquiété et je crois qu’ils nous avait oublié, mais c’était un excellent ragoût de queue de bœuf.

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Dimanche 4 juin : Turpan

Avec un groupe de touristes rencontrés à l’auberge, nous avons réservé un taxi pour visiter les sites à l’est de la ville, difficilement accessible en bus. On commence par longer les Montagnes Enflammées, sans s’arrêter au point touristique (une arnaque, faut payer 40¥ pour un point de vue sur les montagnes qu’on voit très bien depuis depuis la route), puis nous engageons dans une passe magnifique afin d’arriver aux grottes de Bezeklik.

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On commence par escalader une colline pour profiter du cadre splendide, des montagnes dans toutes les teintes de rouge et de orange, avec au fond une petite gorge verte et fertile. On redescend puis entrons sur le site des grottes, décevant : l’extérieur a été refait au béton pour les protéger, on ne peut pas descendre au fond de la jolie vallée, et les grottes bouddhiques ont été bien endommagée par le temps, les musulmans (un coup de burin sur chaque visage de bouddha) et un archéologue allemand qui en a prélevé des pans entiers pour les amener à Berlin, où ils ont étés détruits par les bombardements pendant la Seconde Guerre Mondiale….

On repart ensuite, faisons un arrêt à Gaocheng mais comme personne n’a envie de payer 70 ¥ pour voir les vestiges de remparts, on poursuit jusqu’à Tuyok, un charmant petit village ouïgour. On arrive vers 12h et notre chauffeur nous amène dans un restaurant de sa connaissance, dans la charmante cour ombragée d’une maison traditionnelle. Malheureusement comme c’est le ramadan la propriétaire n’a « rien à manger », mais nous prie tout de même de nous assoir et nous apporte assiette après assiette : melons, pastèques, abricots, une dizaine de sortes de raisins secs locaux, pain et thé. Nous sommes ravis par cette délicieuse et rafraîchissante collation et y faisons honneur. Ça été un peu compliqué après car nous souhaitions bien sûr payer notre part mais elle ne disait pas combien. Avec l’aide d’un guide touristique qui passait par là on s’est mis d’accord sur 10¥ par personne.

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On visite ensuite le joli village, goûtons au jus de mûres (de mûriers, pas de ronces), puis rentrons tranquillement à l’auberge, où nous prenons une bière au frais avant de repartir pour la gare.

On quitte à regret ce charmant havre de paix et montons dans le train pour Urumqi. On traverse de grandes plaines couvertes de milliers d’éoliennes, sur fond de montagnes enneigées, c’est époustouflant. On arrive en fin de soirée à notre auberge, avec un sympathique salon où se suivent deux chats noir et blanc inséparables. Nous allons nous coucher après un bref repas et avoir pris les informations pour le lendemain.

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Lundi 5 juin : Urumqi

Nous passons une nuit abominable à cause d’une intoxication alimentaire. C’est les fruits frais d’hier midi qui ont eu raison de nos estomacs. Après 2 ans en Chine passés à manger dans les pires boui-bouis, des brochettes décongelées, de l’huile d’égout (une pratique courante en Chine qui consiste à récupérer l’huile qui flotte au dessus des eaux usées), de la viande qui a mariné on ne sait combien de jours au soleil, on a fini par être malade à cause d’une pastèque ! Il paraît que les pastèques et melons ne filtrent pas l’eau et donc qu’on peut facilement tomber malade à cause de ça. Donc on a eu le droit à notre traditionnelle VDM de voyage !

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C’est quand même le comble ! Du coup nous avons annulé notre programme du lundi et passer la journée à paresser presque autant que les deux chats qui nous ont tenus compagnie. Par le plus grand des hasards, on croise Ben, un Français avec qui nous avions fait connaissance il y a quelque mois lors de nos vacances dans le Sichuan. Nous le retrouverons dans deux jours à Kashgar. En soirée, nous nous risquons à une petite sortie pour voir le coucher de soleil depuis le haut d’un parc voisin et acheter quelques bananes.

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Mardi 6 juin: Tianchi

A peu près remis de nos déboires de la veille, nous prenons la route pour Tianchi, le Lac Céleste situé dans le massif des Tianshan (Montagnes Célestes) non loin (120km). C’est un vrai parcours du combattant pour y accéder sans passer par un tour operator : partis à 7:30, nous n’arrivons qu’à midi, après avoir pris pas moins que 6 bus successifs !

Mais nous sommes accueillis par une vue superbe, digne d’un paysage suisse. Dur de croire que nous étions dans le désert ce matin encore ! Nous avons réservé la nuit dans une yourte tenue par une famille kazakh, qui sont venus nous chercher au bus et nous ont préparé le déjeuner. Après quoi nous entamons le tour du lac, mais une partie du chemin est endommagée et nous devons revenir sur nos pas (à 230¥ l’entrée du parc, ils pourraient réparer les chemins…).

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On croise un endroit apparemment réputé pour les photos de mariages (les couples chinois font les photos avant le mariage, dans différentes tenues – modernes, traditionnelles…- afin de les montrer pendant la célébration).

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Nous revenons pour le dîner, interrompu par une longue session au bureau de police locale pour nous enregistrer (d’habitude les hôtels se débrouillent tout seuls mais là le policier n’était vraiment pas dégourdi, et puis il faut reconnaître que c’est pas simple avec nos noms en alphabet latin et nos multiples visas). On est ressorti se balader au coucher du soleil, qui a soudainement illuminé les montagnes d’un rose vif pendant quelques minutes, puis nous nous sommes installés pour la nuit dans la yourte.

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Mercredi 7 juin : Train pour Kashgar

Après une bonne nuit de sommeil, nous refaisons en sens inverse le pénible trajet jusqu’à Urumqi. On pensait être large en partant à 10h pour un train à 16h, mais nous ne sommes finalement arrivés à la gare qu’à 15h. Nous embarquons ensuite pour un périple de 17h à travers le désert, le long de la route de la soie, pour rejoindre Kashgar, notre dernière destination. Nous longeons des milliers d’éoliennes, ça offre vraiment un beau spectacle au milieu du désert. À la nuit tombée, on aperçoit au loin le ciel palpiter, fendu par les éclairs : un superbe et gigantesque orage livre bataille au loin.

Jeudi 8 juin : Kashgar

Nous arrivons à Kashgar et trouvons sans problème notre auberge de jeunesse, avec une terrasse de toit avec vue sur la place de la mosquée. Il fait chaud mais bien sec, finalement c’est moins pénible que ce que nous avons subit à Beijing et Xi’an.

Après nous être installés et avoir déjeuné d’un excellent polo (une sorte de riz pilaf très gras avec un délicieux morceau de mouton bien fondant), nous allons visiter le mausolée d’Abakh Khoja, très joli, puis le grand bazar, calme à cette heure, et terminons par une balade dans la vieille ville, partie non rénovée puis partie rénovée, où nous buvons un thé brûlant dans une jolie cour.

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Le soir nous allons dîner dans le bazar nocturne, où des stands proposent des samssa (chaussons au moutons, rien à voir avec les samossas), des nouilles, du pain, des brochettes, des fruits, du yaourt… D’ailleurs ils servent deux boissons à base de yaourt, l’une est simplement du petit lait bien frais (bof), l’autre un mélange de yaourt, de glace pillée et de miel, vraiment pas mal. On finit par une bière sur la terrasse de notre hôtel avec d’autres voyageurs.

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Vendredi 9 juin : Kashgar

Nous ne faisons rien de spécial aujourd’hui à part préparer la visite du lendemain, visiter le quartier et jouer avec les adorables chiots qui sévissent dans l’hôtel. Il fait très chaud mais sec, c’est bien agréable de passer l’aprèm’ à l’ombre à grignoter fruits secs et melons (pas de pastèque !).

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Samedi 10 juin : Route du Karakoram

Nous avons rendez-vous à 9h à l’auberge de jeunesse voisine pour monter dans le minibus qui nous mène sur la route du Karakoram, la deuxième route goudronnée la plus haute au monde. Cette dernière relie la Chine au Pakistan en passant par le col du Khunjerab à 4693 mètres d’altitude et côtoie de nombreux sommets à plus de 7000 mètres d’altitude. Cette route mythique a été achevée en 1978 après plus de 20 ans de travaux qui ont coûté la vie à de nombreux travailleurs du fait du terrain difficile… 

Comme les étrangers ne sont pas autorisés à dormir au bord du lac Karakul en ce moment nous avons opté pour un trajet à la journée, jusqu’au lac et demi-tour, plutôt que de tirer jusqu’à Tashkurgan, la dernière ville chinoise avant la frontière du Pakistan. La première partie du voyage est assez pénible, limitée à 40 km/h sur une grande ligne droite, interrompue seulement par des contrôles de police (il nous faut descendre à chaque fois pour présenter nos passeports).

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Mais on finit par arriver au pied des montagnes, tout d’abord dans une superbe vallée rouge. On continue et nous gagnons progressivement de l’altitude, avant d’arriver à lac époustouflant (dont je trouve pas le nom) : bleu glacier, il est flanqué d’une part par de hautes montagnes enneigées et de l’autre par des dunes de sables jaune. Nous prenons le temps de faire des ricochets avec les galets brillants et légers qui constituent la rive.

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On repart le long d’une plaine où paissent yaks, chameaux et moutons, dominée par une série de dents et de glaciers, puis arrivons bientôt au lac Karakul, à 3600m d’altitude, très beau aussi, entouré du Muztagh Ata (7546 m) et du Kongur Tagh (7719m), un peu caché dans les nuages.

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On s’isole un peu pour pique-niquer (peine perdue, des gens nous ont suivis pour venir faire des photos de nous), puis nous marchons un peu le long de la rive, approchant des moutons bruns, deux chameaux avec leur chamelets (c’est super super super mignon un bébé chameau !) et quelques yaks.

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Nous croisons un berger qui les ramène vers sa yourte et faisons demi-tour avec lui. Il nous propose d’aller boire du thé dans sa yourte ce que nous acceptons avec plaisir. Elle est bien plus jolie que celle dans laquelle nous avions dormi il y a quelque jours, en vraie peau de chameau (5 peaux !) et non pas en bâche. On discute un peu dans un mandarin hésitant, lui et sa femme parlant le kirgiz. Notre chauffeur déboule en nous disant de nous dépêcher car les autres nous attendent (apparemment il y a eu un malentendu sur l’organisation, on nous avait dit 2h au lac et ça fait tout juste 1h), mais nous accorde 20 min, le temps de boire le thé au lait de yak. Au moment où nous allons quitter la yourte à regret, un petit groupe de Chinois débarquent en 4×4 et commencent à entrer pour nous prendre en photo, on fuit donc sans regret, et repartons pour Kashgar.

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Dimanche 11 juin : grand bazar de Kashgar

Aujourd’hui c’est jour de marché, ou plutôt de bazar ! Après un petit déjeuner qui a traîné en longueur à cause du service et de la rencontre avec de sympathiques voyageurs, nous partons pour le grand bazar, qui serait bien plus animé le dimanche. Mais à 10h30 (heure de Beijing, soit 8h30 heure locale) il n’est pas encore ouvert, nous allons donc au bazar des animaux plus loin. En route on découvre que l’on voit au loin l’énorme massif enneigé dans lequel nous nous sommes baladés hier, c’est très beau aussi vu depuis les plaines désertiques !

On arrive au milieu du bazar qui s’installe. Des hommes venus des villages des alentours arrivent dans des camions et des carrioles chargées de bestiaux. Tout d’abord on passe par la partie bovin, où ils sont encore en train de faire descendre des camions des taureaux plutôt passifs (c’est quand même impressionnant, heureusement qu’il ne leur prend pas des envies de charger dans la foule massée autour des camions). On voit ensuite de nombreuses brebis, dont une belle race très haute et brune avec le museau arrondi et de superbes fesses bien grasses trop rigolotes. Il y a des ateliers de tonte improvisés un peu partout. Il y a aussi des ânes et quelques superbes chevaux, petits et fins, et même quelques chèvres blanches bien mignones. On repart tranquillement et nous croisons en sortant une paire de chameaux, voilà on aura tout vu ! Le marché semble s’animer seulement à partir de maintenant (12h à Beijing).

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Nous retournons ensuite voir le grand bazar, que nous pensions très animé le dimanche, mais en fait il n’y a pas tellement de différence avec les autres jours, si ce n’est qu’il y a un peu plus de monde.

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On retourne à l’hôtel, nous déjeunons un dernier délicieux polo, puis prenons nos sacs pour nous rendre à l’aéroport. Nous partons à 17h pour Shenzhen, avec une escale à Urumqi. Les deux vols offrent de belles vue sur le désert rougeâtre. On est passé au dessus de Turpan et je suis certaine d’avoir aperçu la superbe vallée des Montagnes Enflammées où sont nichées les grottes de Bezeklik. Plus tard, la Lune s’est levée sur une splendide mer de nuage, brisée par quelques cumulo-nimbus illuminés de l’intérieur par des éclairs, un spectacle irréel et magique ! On arrive avec un peu de retard à Shenzhen, vers 1:30 du matin. On est accueilli par la soupe tiède et moite qui sert d’atmosphère à Shenzhen, on n’était plus habitué à tant d’humidité, c’est dur ! Un taxi nous dépose chez notre amie Natalia qui a eu la gentillesse de nous accueillir malgré notre arrivée très tardive.

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Lundi 12 juin : Shenzhen

On passe notre dernier jour en Chine à nous promener dans divers quartiers (Baishizhou, Laojie, Huaqianbei) en évitant les nombreuses averses. En effet un typhon approche de la côte et il pleut régulièrement à verse. Vers 17h nous pensions aller boire une dernière bière à Bionic Brew avec quelques amis, mais nous décidons finalement de nous rendre aussi tôt que possible à Hong Kong, de peur que le typhon, annoncé pour 19h, ne bloque le trafic à la frontière. On arrive donc sans encombre avec 4h d’avance à l’aéroport, et heureusement, le typhon n’aura pas eu d’incidence sur notre vol, qui est parti à l’heure. Chanceux, nous avons eu les places à côté de l’issue de secours, avec plein de place pour les jambes !

Mardi 13 juin : retour en France

Nous arrivons très tôt à Zurich et enchaînons sur notre 4ème vol en deux jours, à destination de Lyon. Une fois passée la couche nuageuse, nous apercevons les hauts sommets enneigés des Alpes qui dominent la mer de nuages, et que nous longeons tout au long du vol. Nous voilà enfin de retour en France après deux ans en Chine et un superbe voyage de trois mois !

Élise

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